Publié le 3 octobre 2025. La Chine a mené des exercices militaires de haute technologie impliquant des bombardiers armés et des navires de guerre près du récif de Scarborough, une zone maritime revendiquée par plusieurs pays en mer de Chine méridionale. Ces manœuvres coïncident avec les tensions croissantes et les incidents récurrents dans cette région stratégique.
Des bombardiers chinois équipés de missiles supersoniques ont effectué des vols d’entraînement à préparation au combat mercredi au-dessus du récif de Scarborough, que Pékin revendique comme son territoire. Ces exercices, réalisés le jour de la fête nationale de la République populaire de Chine, visaient à renforcer les patrouilles, la vigilance et le contrôle de la zone, ainsi qu’à contrer les «infractions et provocations illégales».
L’opération a vu le déploiement d’un bombardier H-6, armé de missiles anti-navires YJ-12 capables d’atteindre une cible à 500 kilomètres. Trois frégates de type 054A, les Chef (552), Liuzhou (573) et Bayanner (551), ainsi qu’au moins deux chasseurs J-16, ont également participé à ces manœuvres. Une vidéo diffusée par le Commandement du Théâtre Sud de l’Armée populaire de libération a montré les navires évoluant en formation et le lancement d’un hélicoptère utilitaire Z-9.
« Cette décision vise à protéger fermement la souveraineté et la sécurité de la Chine tout en maintenant la paix et la stabilité en mer de Chine méridionale. »
Communiqué du Commandement du Théâtre Sud de l’Armée populaire de libération
Le bombardier H-6, malgré ses origines remontant au bombardier soviétique Tu-16 de l’ère de la guerre froide, a bénéficié de nombreuses mises à niveau au fil des décennies, devenant l’une des plateformes aériennes les plus puissantes de Pékin. Les nouvelles variantes sont capables de transporter une variété de missiles balistiques lancés par air, des armes hypersoniques et d’autres munitions, posant un risque pour les forces américaines et d’autres dans la première chaîne d’îles. L’Armée populaire de libération a déjà déployé ces bombardiers sur des bases insulaires artificielles en mer de Chine méridionale, plaçant l’ensemble des Philippines à portée de frappe.
Les forces militaires chinoises, opérant depuis des bases situées à Hainan ou sur divers avant-postes insulaires artificiels, patrouillent fréquemment les eaux entourant le récif de Scarborough, aux côtés de navires de la Garde côtière chinoise et de la milice maritime. Ces déploiements s’inscrivent dans un contexte d’incidents et de confrontations récurrents autour de cette zone maritime hautement disputée.

Connu sous le nom de Huangyan Island par la Chine et Bajo de Masinloc par les Philippines, le récif de Scarborough est le point focal d’un long différend territorial. Pékin considère cette zone comme faisant partie de son territoire souverain dans le cadre de la revendication de la « ligne en neuf traits ». Pour Manille, le récif se trouve dans sa zone économique exclusive occidentale, à 120 milles marins à l’ouest de Luçon.
Alors que la Chine maintient une présence quasi constante à Scarborough depuis un incident en 2012, les tensions se sont accrues récemment. En août, une collision a opposé le destroyer de l’APL Xian (164) à un navire de la Garde côtière chinoise de classe Jiangdao, le 3104. Manille a également envoyé des flottes de pêche dans le cadre de son initiative Kadiwa, visant à soutenir les pêcheurs locaux face aux tactiques coercitives des forces chinoises. Un incident survenu le mois dernier a vu des navires chinois intercepter plusieurs bateaux philippins, y compris des navires de la Garde côtière et du Bureau des pêches, lors d’une tentative de blocage qui a blessé un marin philippin.