Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et de course mondiale aux ressources stratégiques, les États-Unis et l’Australie ont scellé un partenariat historique visant à sécuriser l’approvisionnement en minéraux critiques et terres rares, des composants essentiels à la transition énergétique et à la défense. Cet accord, signé lundi dernier à la Maison Blanche, vise explicitement à contrecarrer la domination de la Chine sur ce marché crucial.
KT McFarland, ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale, a analysé cette initiative majeure lors de son passage dans l’émission « Mornings with Maria ». L’accord américano-australien, d’une valeur de 8,5 milliards de dollars, prévoit des investissements conjoints dans l’exploitation et le traitement de ces minéraux rares, ainsi que la mise en place d’un prix plancher. Il vise également à accélérer les procédures d’autorisation pour les projets miniers et de traitement, afin d’accroître la production.
La réaction de Pékin ne s’est pas fait attendre. Liu Pengyu, porte-parole de l’ambassade de Chine, a déclaré à FOX Business que « les chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales ont pris forme à la suite des choix du marché et des entreprises ». Il a ajouté que « les pays dotés de ressources minérales doivent jouer un rôle positif pour maintenir la sécurité et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement concernées et garantir une coopération commerciale et économique normale ».
Cette démarche intervient peu après l’annonce par la Chine de contrôles sur les exportations de terres rares, début septembre. La Chine domine largement la production mondiale de ces éléments, détenant environ 44 millions de tonnes de réserves, selon la Commission géologique des États-Unis (USGS). En 2024, ses mines auraient produit 270 000 tonnes de terres rares. À titre de comparaison, les États-Unis ont produit 45 000 tonnes et disposent de 1,9 million de tonnes de réserves, tandis que l’Australie produit 13 000 tonnes pour 5,7 millions de tonnes de réserves.
Les terres rares, bien que leur nom puisse suggérer leur rareté, sont en réalité relativement abondantes dans la croûte terrestre. Leur extraction et leur séparation sont toutefois complexes et coûteuses. Elles sont indispensables à la fabrication de nombreux appareils de haute technologie, tels que les smartphones, les batteries de véhicules électriques, mais aussi des équipements militaires de pointe, comme les radars et les missiles de croisière. La maîtrise de cet approvisionnement est donc devenue un enjeu stratégique majeur dans les relations commerciales internationales.
Au-delà de l’exploitation minière, l’accord entre les États-Unis et l’Australie prévoit une coopération en matière de cartographie des ressources géologiques, de recyclage des minéraux et d’actions visant à empêcher la vente d’actifs minéraux critiques ayant des implications pour la sécurité nationale. Les deux pays s’engagent par ailleurs à investir chacun 1 milliard de dollars dans les six prochains mois dans des projets d’extraction et de traitement.