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la chirurgie placebo est la seule option pour les patients souffrant de douleurs abdominales

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Publié le 18 février 2026 17h00. Une étude controversée menée dans un hôpital néerlandais soumet des patients souffrant de douleurs abdominales intenses à une opération factice pour déterminer si l’intervention chirurgicale est réellement efficace ou si l’effet placebo suffit.

  • Des patients souffrant de douleurs abdominales chroniques participent à une étude où la moitié subit une opération réelle et l’autre une incision sans traitement.
  • L’expérience suscite l’étonnement en Belgique, où des experts s’interrogent sur son éthique.
  • Un ordinateur détermine aléatoirement si le patient reçoit une opération réelle ou une intervention simulée.

À l’hôpital MST d’Enschede, aux Pays-Bas, une expérience scientifique audacieuse est en cours. Des patients atteints de la maladie rare de MALS (Maladie d’ischémie mésentérique chronique), caractérisée par un pincement de l’artère intestinale, sont inclus dans une étude qui consiste à les opérer… ou pas. La moitié des participants reçoivent une intervention chirurgicale complète, tandis que l’autre moitié subit une incision et des points de suture sans traitement réel. L’objectif : déterminer si l’opération elle-même, et non un effet physiologique, est responsable de l’amélioration des symptômes.

Cette approche inhabituelle soulève des questions éthiques, notamment en Belgique, où des chirurgiens s’interrogent sur la légitimité d’une telle expérience sur des êtres humains. « Cette opération factice comporte plus de risques qu’un essai avec un médicament placebo. Les risques ne sont peut-être pas grands, mais ils sont là », explique la professeure et chirurgienne vasculaire Inge Fourneau, dans son hôpital de Louvain.

Selon le docteur Bob Geelkerken, directeur de la recherche et chirurgien vasculaire à l’hôpital MST, cette méthode est nécessaire en raison du débat persistant sur l’efficacité de l’opération pour traiter la MALS. « La seule façon de le démontrer est de réaliser une fausse opération », affirme-t-il. Il souligne que l’étude vise à prouver que le traitement réel est au moins 40 % plus efficace que l’intervention simulée.

Le processus est rigoureux. Les patients du groupe témoin sont soumis à une procédure identique à celle des patients opérés, avec anesthésie, incisions et points de suture. « Ensuite, tous ceux qui ne sont pas là pour opérer le patient quittent le bloc opératoire. Les fenêtres se ferment. Un ordinateur détermine s’il s’agit d’une opération réelle ou simulée », détaille le docteur Geelkerken. La durée de l’intervention est également déterminée aléatoirement par l’ordinateur.

Les patients ne découvriront que dans quelques années s’ils ont été traités ou non. Cette incertitude est une source de préoccupation pour certains, qui préfèrent avoir la certitude de recevoir un traitement, même s’il n’est pas garanti d’être efficace. Certains d’entre eux se tournent vers des hôpitaux à l’étranger, en Allemagne ou en Belgique, où la MALS est traitée dans le cadre des soins publics.

Evi van Wijchen, 26 ans, est l’une des patientes ayant participé à l’étude. Dans une vidéo diffusée par NOS, elle témoigne : « Si je me sens bien, d’une manière ou d’une autre, peu m’importe comment c’est arrivé. »

La recherche sur les médicaments utilise fréquemment des groupes témoins recevant un placebo, mais l’utilisation d’une fausse opération est beaucoup plus rare. Aux Pays-Bas, le nombre d’études impliquant de telles interventions se compte sur les doigts d’une main. Le CCMO (Comité central d’examen éthique des recherches impliquant des êtres humains), qui supervise ce type de recherche, a approuvé l’étude, mais ses motivations restent confidentielles. Le comité n’a souhaité faire aucun commentaire à Nieuwsuur à ce sujet.

Le docteur Jan van Lanschot, vice-président du CCMO, explique que l’évaluation de telles études est complexe. « Les plaintes qui ne peuvent pas réellement être mesurées, comme la douleur, les démangeaisons et les nausées, sont difficiles à déterminer objectivement. Dans le cas des plaintes subjectives, il est important de s’assurer que l’amélioration est bien due à l’opération et non à autre chose », précise-t-il. Il reconnaît également que l’opération factice comporte un risque de complications, même minime.

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