Publié le 2024-05-15 10:00:00. Le président colombien Gustavo Petro a annoncé des chiffres préliminaires de l’étude 2024 sur les cultures illicites, révélant une légère hausse des plantations de coca, tout en réfutant des accusations de fraude émanant de la classe politique américaine.
- Les cultures de feuilles de coca ont atteint 262 000 hectares, une augmentation de 3 % par rapport à 2023.
- Le président Petro distingue 80 000 hectares abandonnés et 22 000 en transition vers des cultures licites.
- La controverse éclate avec des accusations américaines d’une hausse de 300% et un démenti présidentiel s’appuyant sur des données historiques.
En marge d’une visite officielle en Arabie Saoudite, Gustavo Petro a dévoilé des données clés issues de l’étude 2024 sur les cultures illicites en Colombie. Selon le président, les plantations de feuilles de coca ont connu une augmentation de 3 %, portant la superficie totale à 262 000 hectares. Il a toutefois tenu à contextualiser ces chiffres, soulignant que 80 000 hectares étaient abandonnés depuis plus de trois ans et que 22 000 autres étaient en cours de conversion vers des cultures légales.
L’interprétation du chef de l’État colombien attribue cette persistance des cultures illicites à l’accroissement de la consommation de cocaïne en Europe et dans les pays du sud du continent américain, ainsi qu’en Australie. Il anticipe par ailleurs une diminution des zones de culture dans la jungle amazonienne, le marché américain étant saturé par la consommation de fentanyl, une drogue synthétique plus addictive.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de vives tensions avec une partie de la classe politique américaine. La représentante María Elvira Salazar a accusé l’administration Petro d’avoir vu les cultures de feuilles de coca augmenter de 300 %, qualifiant le président colombien de « voleur, marxiste et terroriste », et affirmant qu’il soutenait les cartels.
Gustavo Petro a fermement rejeté ces accusations, les qualifiant d’« énorme mensonge ». Il a présenté des chiffres pour appuyer sa défense, rappelant une augmentation de 111 % en 2013 sous le gouvernement Santos et de 42 % en 2021 sous le gouvernement Duque, contre seulement 12 % sur les deux premières années de son propre mandat. Le président a ironiquement questionné la formation mathématique de la sénatrice américaine.
La Maison Blanche maintient cependant une position critique concernant la gestion de la lutte antidrogue par le gouvernement colombien, maintenant la décertification de la Colombie. L’administration précédente et ses alliés ont émis l’hypothèse que le président Petro serait impliqué dans le trafic de drogue, allant jusqu’à son inscription sur la liste Clinton, aux côtés de son épouse, de son fils et d’un ministre.