Publié le 19 février 2026 à 06h51. La commission chargée de la réforme électorale a remis ses conclusions à Claudia Sheinbaum, prévoyant une refonte du système politique mexicain avec notamment une réduction des budgets et une modification de la représentation parlementaire.
- La proposition de réforme électorale prévoit une réorganisation des sièges au Congrès, une réduction des financements des partis politiques et une diminution de la taille des conseils de l’Institut National Électoral (INE).
- Le budget de l’INE pourrait être réduit jusqu’à 42 % les années sans élections fédérales.
- La réforme vise également à mieux représenter la diaspora mexicaine et à ajuster la composition du Sénat.
Claudia Sheinbaum, la présidente, a reçu ce mardi un document détaillant huit points clés pour modifier le système électoral mexicain. Ce rapport, élaboré par la commission présidentielle, propose des changements significatifs dans la manière dont les représentants sont élus et dont les partis politiques sont financés. L’initiative doit maintenant être formellement présentée au Congrès, mais la présidente a souligné qu’elle attendrait un consensus au sein de sa coalition au pouvoir – Morena, le Parti Vert Écologiste du Mexique (PVEM) et le Parti du Travail (PT) – avant de le faire.
Selon des informations obtenues par L’UNIVERSEL, le projet de loi prévoit notamment une réorganisation des représentants proportionnels (plurinominales) au sein des deux chambres du Congrès. Il est également question d’une réduction de 25 % des subventions publiques allouées aux partis politiques, ainsi que de la suppression de deux conseils de l’INE, réduisant ainsi le nombre total de conseillers de 11 à 9. La proposition va jusqu’à envisager une diminution du budget de l’INE allant jusqu’à 42 % les années sans élections fédérales.
Claudia Sheinbaum a déclaré qu’il n’y avait pas d’urgence à soumettre la réforme au Congrès, insistant sur la nécessité d’un accord préalable avec ses alliés politiques.
« Nous allons attendre le moment opportun pour envoyer la réforme. Nous avons déjà discuté de tout cela, il ne faut pas précipiter les choses. »
Claudia Sheinbaum, présidente
Cette prudence est d’autant plus marquée que Ricardo Monréal, coordinateur de Morena à la Chambre des députés, a reconnu l’absence d’accord avec le Parti du Travail et le Parti Vert.
La Chambre des députés serait ainsi composée de 508 sièges, dont 200 représentants élus à la proportionnelle. Ces derniers seraient répartis selon une formule similaire à celle actuellement utilisée par le Sénat. Plus précisément, 100 sièges seraient attribués aux « premières minorités », c’est-à-dire aux candidats arrivés en deuxième position, et 100 autres seraient attribués via des listes nationales.
Huit nouveaux sièges à la Chambre des députés seraient réservés à la diaspora mexicaine, c’est-à-dire aux citoyens mexicains résidant à l’étranger. La proposition de réforme prévoit également de reconnaître officiellement la diaspora dans l’article 30 de la Constitution, la définissant comme « le groupe de personnes de nationalité mexicaine de naissance qui résident de manière permanente à l’extérieur du territoire national et qui maintiennent des liens juridiques et identitaires avec les États-Unis du Mexique. »
Concernant le Sénat, la commission présidentielle propose de réduire le nombre de sénateurs de 128 à 96, comme c’était le cas entre 1994 et 2000. Chaque État serait représenté par trois sénateurs, dont deux élus au scrutin majoritaire et un troisième issu de la première minorité. La liste nationale serait supprimée, mettant fin à la représentation directe des partis au niveau national.
La réforme prévoit également de baisser l’âge minimum pour être sénateur de 25 à 18 ans, afin de l’aligner sur l’âge requis pour être député.
L’INE serait également profondément affectée par ces changements. Outre la réduction du nombre de ses conseillers, son budget serait considérablement diminué, avec une réduction allant jusqu’à 42 % les années sans élections fédérales et une baisse progressive de 21 % sur trois ans. La suppression des conseils de district, qui ne seraient plus permanents et ne seraient constitués que pendant les années électorales, contribuerait également à ces économies. De plus, deux tours de formation électorale seraient supprimés, ne laissant qu’un seul des trois actuellement proposés. L’Unité technique chargée des relations avec les organismes publics électoraux locaux (OPLE) et la Coordination des Affaires Internationales seraient également supprimées.
Enfin, la proposition de réforme prévoit une réduction du financement des partis politiques jusqu’à 25 %, en fonction du nombre de voix obtenues lors des élections, ce qui profiterait en particulier à Morena. La formule proposée est basée sur la valeur de l’unité de mesure et de mise à jour (UM) multipliée par le nombre d’inscrits sur les listes électorales. Selon des projections, Morena pourrait disposer de 3 187 millions de pesos en 2027, contre 2,615 millions en 2026, tandis que le PVEM recevrait 1 581 millions de pesos, contre 1 297 millions en 2026.
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