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La crise de la santé du Bangladesh: voici ce qui se passe

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Publié le 2025-10-05 18:05:00. Le Bangladesh fait face à une double épidémie de dengue et de chikungunya, mettant à rude épreuve ses hôpitaux. Cette situation survient alors que le chikungunya, absent depuis 2017, refait surface dans le pays, s’ajoutant à une recrudescence déjà marquée de la dengue.

  • Plus de 33 800 cas de dengue et 132 décès ont été enregistrés en 2025, avec 1 500 hospitalisations rien qu’en septembre.
  • Le chikungunya, réapparu fin 2024, s’ajoute à la pression sur les structures de santé déjà saturées.
  • Les deux maladies sont transmises par les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Une double menace virale sous surveillance

Le Bangladesh est en état d’alerte face à une recrudescence simultanée et intense de la dengue et du chikungunya. Cette double épidémie met sous tension les infrastructures hospitalières du pays asiatique, confronté à une vague de maladies virales d’une ampleur préoccupante.

Selon la Direction générale des services de santé, une agence gouvernementale rattachée au ministère de la Santé et du Bien-être familial, le bilan pour l’année 2025 est déjà lourd : plus de 33 800 cas de dengue ont été recensés, accompagnés de 132 décès. La seule première semaine de septembre a vu 1 500 nouvelles hospitalisations dues à cette fièvre tropicale.

Parallèlement, le chikungunya connaît un retour inquiétant. Ce virus, qui avait pourtant disparu du territoire après une apparition en 2017, a été détecté à nouveau à Dacca fin 2024, venant s’ajouter à la crise sanitaire en cours.

« Nous sommes débordés de patients. Chaque jour, plus de 100 personnes se présentent avec de la fièvre virale », témoigne le Dr Rajat Biswas, professeur et médecin au Chattagram Maa-O-Shishu Hospital Medical College, auprès du journal britannique The Telegraph, soulignant l’urgence de la situation.

L’aggravation de la situation

Bien que la dengue et le chikungunya appartiennent à des familles virales distinctes, elles partagent un point commun essentiel : leur transmission par les moustiques des genres Aedes aegypti et Aedes albopictus. Il n’est pas rare que ces deux maladies sévissent simultanément, mais la période des 18 derniers mois a été marquée par des épidémies d’une intensité inhabituelle et concomitante dans plusieurs pays en développement, tels que le Brésil et le Sri Lanka.

Au Bangladesh, la situation est particulièrement alarmante. Les laboratoires de Dacca ont confirmé 785 cas de chikungunya entre janvier et juillet, avec des taux de détection atteignant plus de 30 % dans certaines structures, signe d’une propagation active du virus. Cette situation met les hôpitaux dans une position critique, obligés de faire face à un afflux de patients sans précédent.

Le Dacca Medical College Hospital, le plus grand hôpital public du pays, voit ses services complètement saturés, accueillant un nombre de patients estimé à trois fois supérieur à la normale. Les experts s’accordent à dire que la crise risque de s’aggraver sans des campagnes de lutte contre les moustiques efficaces, d’autant plus que les capacités diagnostiques actuelles à Dacca restent limitées.

Comprendre l’ampleur de l’épidémie

La dengue est déjà endémique dans la région, tandis que le chikungunya étend sa présence à de nouvelles zones. Plusieurs facteurs expliquent cette recrudescence : l’urbanisation croissante, les changements climatiques et la mobilité internationale contribuent à l’expansion des populations de moustiques et amplifient le risque de transmission simultanée de ces deux maladies.

Les scientifiques cherchent également à déterminer si ces doubles épidémies deviennent systématiquement plus fréquentes, ou si leur visibilité accrue s’explique par une amélioration des capacités de diagnostic au fil des années. Il est probable que les deux hypothèses soient vraies. D’une part, l’utilisation plus répandue de tests moléculaires et sérologiques permet aux systèmes de surveillance de mieux distinguer la dengue du chikungunya, rendant les épidémies simultanées plus apparentes. D’autre part, il est indéniable que les épidémies deviennent plus fréquentes. Le rôle du changement climatique dans ce phénomène est également étudié : l’augmentation des températures pourrait modifier le comportement des moustiques, et il n’est pas exclu que les virus aient évolué pour se transmettre plus efficacement à l’homme ou pour mieux infecter les insectes vecteurs.

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