Publié le 2025-10-20 13:40:00. La croissance économique de la Chine a marqué le pas au troisième trimestre 2025, enregistrant son plus faible rythme depuis un an, dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis et de malaise persistant dans le secteur immobilier.
- Le Produit Intérieur Brut (PIB) a progressé de 4,8 % en glissement annuel entre juillet et septembre, une déc ক্রমবর্ধমান par rapport aux 5,2 % du trimestre précédent.
- La demande intérieure demeure fragile, freinant la consommation et les investissements, tandis que le marché immobilier continue de s’enfoncer.
- Le secteur manufacturier et le commerce extérieur s’affichent comme des rares points de lumière, dépassant les attentes malgré le conflit tarifaire avec Washington.
L’économie chinoise affiche un ralentissement marqué pour le dernier trimestre, avec une croissance du PIB s’établissant à 4,8 % sur un an, contre 5,2 % précédemment. Cette performance, la plus faible en un an, reflète les difficultés persistantes liées à la guerre commerciale avec les États-Unis et aux turbulences sur son marché immobilier. La demande intérieure, plombée par une confiance des ménages et des entreprises en berne, peine à rebondir, rendant l’économie fortement dépendante de l’industrie manufacturière et du commerce extérieur.
Les chiffres du troisième trimestre dressent un tableau contrasté. Si la production industrielle a surpris positivement en septembre avec une hausse de 6,5 %, dépassant les prévisions, le commerce extérieur a également démontré une résilience inattendue. Les exportations vers l’Union européenne, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique ont connu des hausses significatives (respectivement 14 %, 15,6 % et 56,4 %), permettant à la Chine de diversifier ses marchés et de compenser, dans une certaine mesure, la chute de 27 % de ses exportations vers les États-Unis.
« Les données d’activité de septembre ont montré une faiblesse persistante de la demande intérieure, en partie à cause de la mauvaise confiance des entreprises et des ménages », a analysé Kelvin Lam, économiste principal Chine+ chez Pantheon Macroeconomics. Les investissements ont ralenti, l’immobilier enregistrant un repli de 13,9 % en septembre après une baisse de 12,9 % en août. La consommation, quant à elle, a vu sa croissance ralentir à 3,5 % pour les ventes au détail réelles, contre 4,1 % précédemment.
Malgré les tarifs douaniers américains, le secteur des exportations a contribué à plus d’un quart de la croissance globale, un niveau quasi stable depuis le début du conflit commercial. Kelvin Lam note que « les commandes chinoises à l’exportation ont fortement augmenté, ce qui est de bon augure pour la croissance future de la production », ajoutant que « le secteur des exportations a obtenu de meilleurs résultats que prévu, malgré des tarifs d’importation plus élevés ».
Ces résultats globaux sont conformes aux attentes des analystes et maintiennent l’économie chinoise sur la trajectoire pour atteindre son objectif de croissance annuelle de 5 %. Cependant, des incertitudes demeurent quant à d’éventuelles nouvelles mesures de relance de la part de Pékin et des autorités locales. « La Chine étant en passe d’atteindre son objectif de croissance de cette année, nous pourrions constater une moindre urgence politique », estime Lynn Song, économiste en chef pour la Grande Chine chez ING. Elle tempère cependant : « Mais il reste encore à remédier à la faiblesse de la confiance qui se traduit par un ralentissement de la consommation, des investissements et une aggravation de la baisse des prix de l’immobilier. »
La crise de la dette qui frappe le secteur immobilier, autrefois florissant, continue de peser sur l’économie. Les prix des logements neufs ont prolongé leur baisse en septembre, et le volume des transactions immobilières résidentielles a chuté de 12,5 %. Les analystes jugent nécessaires des mesures politiques supplémentaires pour redresser le marché.
Dans ce contexte, la Chine a entamé lundi sa « quatrième réunion plénière », un rassemblement de quatre jours des dirigeants du Parti communiste pour définir le prochain plan quinquennal (2026-2030). Selon l’agence de presse officielle Xinhua, le président Xi Jinping y a présenté des propositions de la direction du parti pour ce plan, sans toutefois en dévoiler les détails.