L’Inde renforce considérablement ses capacités de défense aérienne et offensive. Le Conseil d’acquisition de la défense (CAD) a donné son feu vert pour l’acquisition de missiles SCALP à longue portée pour les avions Rafale et de missiles supplémentaires pour le système de défense aérienne S-400 russe.
Cette décision intervient un jour après l’approbation de l’achat de 114 nouveaux avions Rafale. Selon le secrétaire à la Défense, Rajesh Kumar Singh, il s’agira d’une première : les avions de combat français seront fabriqués en dehors de France, avec des livraisons prévues à partir de 2028, débutant par des versions navales puis par des versions pour l’armée de l’air indienne (IAF).
Les missiles de croisière SCALP, d’une portée de 250 kilomètres, ont déjà été utilisés avec succès par les Rafale indiens lors de l’opération Sindoor pour cibler des bases de groupes terroristes tels que Jaish-e-Mohammed et Lashkar-e-Taiba au Pakistan, notamment dans les districts de Muridke et Bahawalpur. Le système S-400 a également démontré son efficacité en interceptant des missiles de croisière pakistanais en mai dernier.
Les missiles SCALP se distinguent par leur précision, grâce à une combinaison de navigation inertielle, de GPS, de navigation de référence de terrain et d’un autodirecteur infrarouge en phase terminale. Ils ont permis de frapper avec une grande exactitude des cibles terroristes et militaires au Pakistan.
Le secrétaire à la Défense a précisé qu’il s’agira d’un accord direct entre gouvernements, sans intermédiaires, garantissant une transparence totale et donnant à l’Inde le pouvoir d’intégrer des armes et des systèmes indiens aux nouveaux avions. « Il s’agira d’un accord de gouvernement à gouvernement pour 114 avions Rafale, sans intermédiaires, avec une transparence totale dans le projet et avec la pleine autorité pour intégrer les armes et les systèmes indiens dans l’avion », a-t-il déclaré.
Un point crucial a été levé concernant l’accès au code source des systèmes d’armes et des radars des Rafale. Lors des précédents contrats (36 Rafale et 26 Rafale marins), l’Inde n’avait pas reçu ce code source, limitant sa capacité à effectuer des mises à niveau indépendantes et la forçant à dépendre de l’expertise française. À ce stade, le secrétaire à la Défense a confirmé que l’Inde disposera de l’intégralité du code source pour les 114 nouveaux Rafale, lui permettant d’intégrer des missiles indigènes sans restriction.
Bien que des discussions sur une collaboration entre Dassault et HAL (Hindustan Aeronautics Limited) aient été évoquées, HAL affirme n’avoir reçu aucune communication officielle du ministère de la Défense ou de Dassault concernant la production locale des Rafale. Dassault devra donc identifier un partenaire indien pour cette production.
Par ailleurs, Olivier Andries, PDG de Safran, le motoriste français, a annoncé que son entreprise était prête à établir une chaîne d’assemblage de moteurs en Inde pour répondre aux besoins de production locale du pays. Cette annonce intervient alors que les gouvernements indien et français se préparent à discuter de l’acquisition des 114 Rafale supplémentaires lors de la prochaine visite du président Emmanuel Macron. Safran, qui fabrique les moteurs M-88 pour les Rafale, prévoit également de s’approvisionner en pièces auprès de fournisseurs indiens afin de soutenir l’industrie aéronautique locale.