Home Santé La déclaration de l’AHA comble les lacunes en matière de gestion de l’ACS chez les jeunes femmes

La déclaration de l’AHA comble les lacunes en matière de gestion de l’ACS chez les jeunes femmes

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Publié le 9 février 2024 18:32:00. Face au manque de données probantes spécifiques, l’American Heart Association publie des recommandations pour améliorer la prise en charge des syndromes coronariens aigus chez les femmes préménopausées, une population où les diagnostics et traitements peuvent être plus complexes.

  • Les syndromes coronariens aigus (SCA) sont rares chez les femmes préménopausées, mais nécessitent une vigilance accrue.
  • De nouveaux algorithmes sont proposés pour guider les médecins dans le choix entre une angiographie invasive et une approche moins invasive.
  • La réadaptation cardiaque, souvent sous-utilisée chez les femmes, est soulignée comme un élément essentiel de la guérison.

L’American Heart Association (AHA) a publié une déclaration scientifique visant à mieux orienter les médecins dans la prise en charge des syndromes coronariens aigus (SCA) chez les femmes préménopausées. Cette population présente des défis particuliers en raison du manque de données issues d’essais cliniques robustes, ce qui peut entraîner une incertitude dans les décisions thérapeutiques.

Selon le comité d’experts, dirigé par le Dr Jason C. Kovacic du Victor Chang Cardiac Research Institute (Darlinghurst, Australie), les femmes jeunes atteintes de SCA ont souvent des résultats moins favorables. Ce constat, combiné à l’absence de protocoles de soins standardisés, a motivé l’élaboration de ces nouvelles recommandations.

La déclaration scientifique propose notamment deux algorithmes. Le premier vise à déterminer si une angiographie coronarienne invasive est nécessaire ou si une approche moins invasive est suffisante. Le second fournit un guide détaillé pour l’imagerie et le traitement de la dissection spontanée de l’artère coronaire (DSAC), une cause moins fréquente mais importante de SCA chez les femmes. L’attention est également portée sur les infarctus du myocarde avec artères coronaires non obstructives (MINOCA), une condition complexe qui nécessite une évaluation approfondie.

« Lorsqu’il s’agit de SCA chez une femme préménopausée, il est crucial de se rappeler que, bien que l’athérosclérose avec obstruction des artères coronaires reste la cause la plus fréquente, d’autres causes, telles que la DSAC, les MINOCA et les spasmes coronariens, sont relativement fréquentes. »

Harmony R. Reynolds, MD, Langone Heart de l’Université de New York

Le Dr Reynolds souligne l’importance d’élargir le diagnostic différentiel et d’adapter les approches thérapeutiques en conséquence. Elle insiste également sur la nécessité d’une prise en charge globale, de l’admission à la réadaptation cardiaque après la sortie de l’hôpital.

La déclaration de l’AHA aborde également des considérations spécifiques liées à la grossesse et à l’allaitement. Elle précise les conditions dans lesquelles l’angiographie et la revascularisation peuvent être envisagées pendant la grossesse, en tenant compte des risques d’exposition aux radiations et de la sécurité des médicaments pour la mère et le fœtus. La reprise de l’allaitement après une angiographie est généralement recommandée, à condition que la patiente soit stable et qu’il n’y ait pas de contre-indications médicales. La décision doit être prise en concertation avec la patiente, en tenant compte des bénéfices et des risques pour le nourrisson.

Outre ces aspects, le document met en avant l’importance du conseil en matière de contraception, de la prise en charge des migraines, de l’orientation vers une évaluation génétique pour certaines affections (comme l’hypercholestérolémie familiale) et de la gestion de la dépression et de l’anxiété post-SCA. Un dépistage régulier de la dysplasie fibromusculaire (DFM), une maladie vasculaire non athéroscléreuse, est également recommandé.

Les auteurs de la déclaration scientifique appellent à davantage de recherches sur la meilleure façon de surveiller les jeunes femmes après un SCA, ainsi que sur l’évaluation des thérapies préventives secondaires après une DSAC ou un MINOCA. Ils insistent également sur la nécessité d’améliorer l’accès à la réadaptation cardiaque pour les jeunes femmes, en adaptant les programmes à leurs besoins et à leurs préférences.

Une autre déclaration récente de l’AHA souligne que moins d’une femme éligible sur cinq participe à un programme de réadaptation cardiaque, et suggère que simplifier l’accès à ces programmes pourrait encourager davantage de femmes à en bénéficier. Plus d’informations sur la réadaptation cardiaque pour les femmes.

La déclaration scientifique a été publiée la semaine dernière dans la revue Circulation.

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