Publié le 18 février 2026 11:23:00. Une avancée majeure dans la lutte contre le psoriasis : des chercheurs du King’s College de Londres ont mis au point une méthode basée sur l’intelligence artificielle pour identifier des sous-types génétiques de la maladie, ouvrant la voie à des traitements personnalisés et plus efficaces.
- L’intelligence artificielle permet d’identifier des sous-types génétiques spécifiques du psoriasis.
- Cette découverte pourrait conduire à des traitements plus ciblés et à une meilleure prise en charge des patients.
- L’étude a analysé plus de 700 échantillons de sang pour cartographier les interactions génétiques et leur impact sur la gravité de la maladie.
Le psoriasis, une affection cutanée inflammatoire chronique qui touche environ une personne sur 50 au Royaume-Uni, pourrait bientôt bénéficier d’une approche thérapeutique révolutionnaire. Des chercheurs du King’s College de Londres, en collaboration avec les universités de Newcastle et Queen Mary de Londres, ont développé une méthode basée sur l’apprentissage automatique et l’analyse génétique pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à cette maladie et identifier des traitements plus adaptés à chaque patient.
Jusqu’à présent, le manque de compréhension des causes profondes du psoriasis entraînait souvent l’échec des traitements existants, parfois coûteux, imposant ainsi un fardeau financier important au système de santé britannique (NHS). L’étude, dont les résultats ont été récemment publiés, offre une nouvelle perspective en identifiant des biomarqueurs génétiques liés à la gravité de la maladie.
L’équipe de recherche a analysé plus de 700 échantillons de sang provenant de 140 patients atteints de psoriasis modéré à sévère, sur une période prolongée. Grâce à l’apprentissage automatique avancé, ils ont pu cartographier la manière dont les gènes interagissent entre eux, et avec d’autres facteurs biologiques tels que l’indice de masse corporelle (IMC), afin de corréler la gravité de la maladie avec l’efficacité des traitements biologiques courants.
Les chercheurs ont identifié un biomarqueur composé de neuf gènes associé à la gravité du psoriasis, ainsi que des variantes génétiques spécifiques liées à une forme plus sévère de la maladie. Ils ont également découvert une signature de 14 gènes corrélée à l’IMC dans la peau non affectée et à la gravité des lésions cutanées.
« Les maladies qui présentent les mêmes symptômes sont souvent complètement différentes. Le cancer du sein, par exemple, n’est pas une, mais un millier de maladies différentes, toutes sous la même étiquette. Pour pouvoir développer des traitements ciblés, vous devez comprendre comment fonctionnent toutes ces différentes maladies, ou risquer des interventions « gros doigts » comme la chimiothérapie, qui peuvent avoir des effets secondaires importants. »
Dr David Watson, maître de conférences en intelligence artificielle et premier co-auteur de l’étude
Le Dr Watson souligne l’importance de cette approche pour éviter des traitements indiscriminés et privilégier une médecine plus personnalisée. Jusqu’à présent, le psoriasis était considéré comme une entité unique, mais grâce au séquençage de l’ARN et à la modélisation par intelligence artificielle, il est désormais possible de le catégoriser en plusieurs sous-types, ouvrant la voie à des traitements plus efficaces.
« Il existe de nombreuses maladies inflammatoires à médiation immunitaire, comme la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Crohn. Et même si elles se présentent différemment, nous savons qu’elles sont génétiquement liées : en avoir une augmente le risque d’en transmettre une autre à vos enfants. »
Dr David Watson, maître de conférences en intelligence artificielle et premier co-auteur de l’étude
Les chercheurs espèrent que cette avancée permettra d’appliquer les mêmes principes à d’autres maladies inflammatoires chroniques et de développer des traitements personnalisés pour un large éventail de pathologies, réduisant ainsi les coûts pour le système de santé et améliorant la qualité de vie des patients. Plus d’informations sur la recherche du King’s College de Londres.
Icotrokinra : un nouveau traitement pour le psoriasis en plaques modéré à sévère.