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La découverte du cerveau qui pourrait changer l’évolution de la maladie de Parkinson

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Publié le 7 février 2026 17:22:00. Une nouvelle étude révèle que la maladie de Parkinson pourrait ne pas être une simple défaillance motrice, mais une perturbation du réseau cérébral complexe impliqué dans la planification, l’exécution des mouvements et la motivation, ouvrant la voie à des traitements plus ciblés.

  • La maladie de Parkinson, qui touche près de 10 millions de personnes dans le monde, pourrait être mieux comprise et traitée en ciblant un réseau cérébral spécifique, le réseau d’action somato-cognitive (SCAN).
  • Des recherches menées par des équipes de Pékin et de Saint-Louis ont montré que l’hyperconnectivité au sein du SCAN est liée aux symptômes moteurs et non moteurs de la maladie.
  • Une stimulation magnétique transcrânienne de précision ciblant le SCAN a montré des résultats prometteurs dans un essai pilote, avec une amélioration clinique observée chez plus de la moitié des patients.

La maladie de Parkinson, deuxième maladie neurodégénérative la plus répandue après la maladie d’Alzheimer, se manifeste par des tremblements, une rigidité musculaire, une lenteur des mouvements, des troubles du sommeil et une détérioration cognitive progressive. Jusqu’à présent, les traitements se sont principalement concentrés sur la gestion de ces symptômes. Cependant, une nouvelle approche de recherche suggère que la maladie pourrait être le résultat d’un dysfonctionnement plus large au sein du cerveau.

Une équipe du laboratoire Changping à Pékin, en collaboration avec des chercheurs de l’université de Washington à Saint-Louis, a identifié un réseau cérébral qui pourrait jouer un rôle central dans le développement de la maladie. Leur étude, publiée dans la revue Nature, met en évidence le réseau d’action somato-cognitive (SCAN) comme un élément clé. Ce réseau, principalement localisé dans le cortex moteur, est impliqué dans la coordination entre l’intention cognitive, l’exécution des mouvements, la régulation physiologique et la motivation comportementale.

Les chercheurs avancent que la maladie de Parkinson ne serait pas simplement un problème de motoneurones isolés, mais plutôt une altération fonctionnelle de ce réseau plus vaste. Cette hypothèse est d’autant plus plausible que les symptômes de la maladie dépassent largement les troubles moteurs, incluant des problèmes digestifs, des modifications cardiovasculaires, des troubles du sommeil et des difficultés cognitives. Cette constellation de symptômes a incité les scientifiques à rechercher un mécanisme commun capable d’intégrer les fonctions corporelles et mentales.

Le réseau SCAN, décrit pour la première fois en 2023, semblait correspondre à ce profil. L’étude a analysé les images cérébrales de plus de 860 personnes, incluant des patients atteints de la maladie de Parkinson, des personnes souffrant d’autres troubles du mouvement et des volontaires sains. Les scientifiques ont utilisé des techniques avancées de connectivité fonctionnelle au repos, permettant d’observer les interactions entre différentes zones du cerveau en l’absence de tâche spécifique. Ils ont également intégré des enregistrements électrocorticographiques pour mesurer directement l’activité électrique corticale.

Les résultats suggèrent que l’hyperconnectivité entre le SCAN et les régions sous-corticales liées à la mémoire, aux émotions et au contrôle moteur est associée aux principales altérations observées dans la maladie de Parkinson. De plus, l’efficacité des traitements existants, tels que la lévodopa, la stimulation cérébrale profonde, la stimulation magnétique transcrânienne et l’échographie focalisée guidée par IRM, semble dépendre de leur capacité à réduire cette hyperconnectivité anormale.

Forts de ces découvertes, les chercheurs ont développé une intervention non invasive ciblant directement le réseau SCAN à l’aide d’une stimulation magnétique transcrânienne de précision. Un essai pilote mené sur 18 patients a révélé qu’une stimulation spécifiquement centrée sur ce réseau pendant deux semaines a entraîné une réponse clinique positive chez 56 % des participants. En comparaison, seulement 22 % des patients ayant reçu une stimulation dans des zones proches, mais pas directement via le SCAN, ont présenté des améliorations comparables.

Cette différence significative suggère que cibler la thérapie avec une plus grande précision anatomique pourrait considérablement augmenter son efficacité. Selon les chercheurs, moduler l’activité du réseau SCAN pourrait non seulement atténuer les symptômes, mais aussi potentiellement influencer la progression de la maladie.

Bien que ces résultats soient encourageants, les spécialistes soulignent qu’il s’agit d’une étude préliminaire. L’essai clinique était de petite taille et nécessite une validation par des études plus vastes et à long terme. Néanmoins, ce travail ouvre une nouvelle perspective : au lieu de se concentrer uniquement sur des régions motrices isolées, il propose de comprendre la maladie de Parkinson comme une altération de réseaux neuronaux complexes.

Si les recherches futures confirment cette hypothèse, l’approche clinique pourrait évoluer vers des thérapies personnalisées ciblant des circuits cérébraux spécifiques. Un changement qui, s’il est confirmé, pourrait transformer la manière dont l’une des maladies neurodégénératives les plus répandues au monde est diagnostiquée et traitée.

[Source: TN]

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