Publié le 2025-10-31 12:39:00. Après des décennies de débat, une nouvelle analyse du célèbre fossile des « Dinosaures qui s’affrontent » suggère que le Nanotyrannus n’était pas une forme juvénile du Tyrannosaurus rex, mais bien une espèce distincte.
- Des chercheurs affirment que le Nanotyrannus était un carnivore adulte de plus petite taille, et non un jeune T. rex.
- Cette découverte remet en question des décennies de recherche paléontologique sur le célèbre dinosaure.
- Une analyse approfondie du fossile des « Dinosaures qui s’affrontent » a révélé des caractéristiques anatomiques uniques.
Le long et houleux débat scientifique portant sur l’identité du Nanotyrannus pourrait enfin trouver une résolution. Pour de nombreux paléontologues, le Nanotyrannus n’était qu’une version immature du Tyrannosaurus rex. Cependant, une étude récente, basée sur l’analyse détaillée du célèbre fossile des « Dinosaures qui s’affrontent », vient contredire cette hypothèse. Les conclusions suggèrent que le Nanotyrannus est une espèce à part entière, distincte du T. rex, et non un jeune individu.
Le fossile des « Dinosaures qui s’affrontent », découvert en 2006, a fait l’objet d’analyses poussées seulement après son acquisition par le Musée des sciences naturelles de Caroline du Nord en 2020. Ce spécimen vieux de 67 millions d’années met en scène un Triceratops aux prises avec un prédateur, longtemps présumé être un jeune T. rex. Les résultats de la nouvelle étude renforcent une théorie apparue dès 1988, selon laquelle le Nanotyrannus était un carnivore adulte de taille plus modeste.
« Lorsque nous avons obtenu ce spécimen, nous savions qu’il était extraordinaire. Mais nous ne pensions pas qu’il allait bouleverser des décennies de recherche sur le dinosaure le plus célèbre au monde. »
Lindsay Zanno, cheffe de la division de paléontologie au Musée des sciences naturelles de Caroline du Nord, dans le rapport de *New Scientist* du 30 octobre 2025.
Lindsay Zanno, initialement convaincue par la théorie du jeune T. rex, a revu sa position après avoir identifié des traits anatomiques constants de l’enfance à l’âge adulte chez le Nanotyrannus. Elle a mis en évidence des différences notables : un schéma distinct de nerfs et de sinus dans le crâne, un nombre de dents plus élevé, des mains plus grandes et une queue plus courte. « Nous savons que ces caractéristiques ne changent pas à mesure que les animaux passent du stade de bébé à celui d’adulte », explique-t-elle.
L’étude des os révèle que ce dinosaure avait environ 20 ans, pesait approximativement 700 kilogrammes et mesurait environ 5,5 mètres de long. Ces dimensions correspondent à un dixième de la masse et à la moitié de la longueur d’un T. rex adulte. Zanno, associée à James Napoli, docteur en paléontologie des vertébrés et en biologie évolutive de l’Université de Stony Brook, ont également réexaminé 200 fossiles de tyrannosaures. Leurs travaux ont conduit à la conclusion qu’un autre squelette connu sous le nom de « Jane », lui aussi longtemps considéré comme un jeune T. rex, serait en réalité une nouvelle espèce du genre Nanotyrannus.
« Nous n’avons qu’un seul spécimen de *N. lethaeus*, mais l’anatomie suggère qu’il s’agit d’une espèce plus grande. La configuration des sinus sur le palais et la forme des os derrière les yeux sont uniques. »
Lindsay Zanno
Pour certains experts, cette découverte met un terme au débat. Scott Persons, conservateur d’histoire naturelle au Musée d’État de Caroline du Sud, décrit le Nanotyrannus comme l’un des prédateurs de dinosaures les plus terrifiants. « C’est celui que j’aimerais le moins voir me courser. Il possédait des pattes très longues et d’horribles griffes de pouce. » Il compare les différences entre le Nanotyrannus et le T. rex à celles entre les guépards et les lions, deux félins partageant une morphologie similaire mais des stratégies de chasse distinctes.
Cependant, d’autres scientifiques restent plus réservés. Thomas Carr, professeur agrégé de biologie au Carthage College, qualifie la découverte de « très convaincante », notant que le fossile était quasiment adulte et issu d’une espèce distincte du T. rex. Holly Ballard, de l’Université d’État de l’Oklahoma, va même jusqu’à nier que « Jane » soit une nouvelle espèce. « Jane continue de grandir et est déjà plus grande que *N. lancensis*, donc affirmer qu’il s’agit d’un nouveau taxon, un jeune T. rex, nous ramène au vieux débat », déclare ce professeur d’anatomie. Thomas Carr et Holly Ballard soulèvent également la question de l’absence de fossiles de jeunes T. rex si tous les individus de petite taille étaient systématiquement classés comme Nanotyrannus.