Home Économie La dette du gouvernement cubain envers les entreprises espagnoles s’élève à au moins 320 millions de dollars | Économie et affaires

La dette du gouvernement cubain envers les entreprises espagnoles s’élève à au moins 320 millions de dollars | Économie et affaires

0 comments 28 views

Publié le 18 février 2026 17h28. L’aggravation de la crise économique cubaine, exacerbée par les sanctions américaines et une pénurie de carburant, met en péril les entreprises espagnoles opérant sur l’île, qui se voient confrontées à des dettes impayées massives et à des difficultés opérationnelles croissantes.

  • Les entreprises espagnoles dénoncent des dettes impayées s’élevant à au moins 300 millions d’euros (environ 324 millions de dollars) envers le gouvernement cubain.
  • Le manque de carburant perturbe le tourisme et les transports aériens, forçant les compagnies à réduire leurs vols et les hôtels à fermer leurs portes.
  • Un faible taux de participation à une enquête révèle que près de 20 % des entreprises espagnoles à Cuba sont en procédure de faillite.

La situation économique à Cuba se détériore rapidement, impactant sévèrement les entreprises étrangères, notamment celles en provenance d’Espagne. Le renforcement de l’embargo américain, qui limite l’approvisionnement en pétrole, a plongé l’île dans une crise sans précédent. Les compagnies aériennes et les hôtels, piliers de l’économie touristique cubaine, sont particulièrement touchés, contraints d’improviser pour faire face à la pénurie de carburant et à la baisse du nombre de touristes.

Selon un récent rapport du Bureau économique et commercial espagnol à La Havane, le volume de la dette accumulée par les entreprises espagnoles ayant des intérêts à Cuba s’élève à 255,9 millions d’euros (environ 276 millions de dollars), en légère augmentation de 0,1 % l’année dernière. Cependant, le montant réel des créances impayées est estimé à 330 millions d’euros (environ 356 millions de dollars) si l’on inclut les dividendes non distribués, les fonds bloqués dans des opérations commerciales et les paiements détenus dans des comptes spécifiques.

Une enquête menée auprès de 930 entreprises espagnoles opérant à Cuba a révélé un taux de participation alarmant de seulement 19,5 % (182 réponses). Ce faible taux s’explique, selon des sources économiques sur place, par le fait qu’environ 20 % des entreprises, soit près de 180, sont déjà en procédure de faillite en raison de dettes impayées. Autrement dit, le nombre d’entreprises ayant répondu à l’enquête est équivalent au nombre d’entreprises ayant fait faillite.

Parmi les entreprises ayant participé à l’enquête, 85 % (154) ont confirmé détenir des créances s’élevant à 255,9 millions d’euros (environ 276 millions de dollars), la plupart ayant été générées entre 2017 et 2019. Les entreprises les plus touchées sont les entreprises de taille moyenne, avec une dette moyenne de 2 millions d’euros (environ 2,16 millions de dollars), tandis que les microentreprises supportent en moyenne 850 000 euros (environ 918 000 dollars). Près d’un cinquième des entreprises interrogées (19 %) indiquent que le montant qui leur est dû par le gouvernement cubain dépasse leurs revenus totaux de l’année écoulée.

La Plateforme des entreprises affectées par les impayés du gouvernement cubain, un groupe au sein de l’association patronale catalane Foment del Treball, propose de recourir aux programmes de conversion de la dette de l’État espagnol pour résoudre ce problème. Un porte-parole de la plateforme a déclaré :

« Dans les conditions économiques actuelles, aucune entreprise n’investira d’argent à Cuba. Mais il serait extrêmement important que ces fonds soient utilisés pour compenser la dette due à ces entreprises créancières, dont la plupart fournissent de la nourriture, des médicaments et des vaccins à dix millions de personnes qui risquent de faire face à une crise humanitaire sans précédent dans l’archipel. »

Les difficultés de recouvrement des dettes sont particulièrement criantes pour les entreprises touristiques. Les chaînes hôtelières Meliá et Iberostar, qui gèrent respectivement 34 et 20 établissements sur l’île, ont été contraintes de fermer des hôtels et de redistribuer leurs clients en raison de la baisse du taux d’occupation. Les touristes canadiens, qui représentaient 50 % des arrivées au début de 2026, ont été rapatriés suite à la suspension des opérations d’Air Canada. Parallèlement, les compagnies aériennes espagnoles Iberia, Air Europa et W2Fly ont dû réorganiser leurs vols vers Madrid et faire le plein à Saint-Domingue pour pallier la pénurie de carburant à Cuba.

Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire pour plus d’informations en anglais de EL PAÍS USA Edition.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.