Publié le 25 février 2026 à 07h38. La dette hypothécaire des Canadiens continue de croître, atteignant près de 2 000 milliards de dollars en 2025, alors que des millions de propriétaires renouvellent leurs prêts dans un contexte de taux d’intérêt fluctuants et d’abordabilité immobilière en baisse.
- La dette hypothécaire résidentielle totale au Canada s’élevait à 1,95 billion de dollars au quatrième trimestre de 2025, en hausse de 2,6 % par rapport à la même période l’année précédente.
- Au moins 1,5 million de Canadiens ont renouvelé leur prêt hypothécaire d’ici la fin de 2025, et un million d’autres devraient le faire en 2026.
- Le montant moyen des nouveaux prêts hypothécaires a augmenté, atteignant 363 778 dollars, et encore plus pour les premiers acheteurs (441 301 dollars).
La stabilisation des taux d’intérêt semble avoir un effet positif sur le marché hypothécaire canadien, mais l’abordabilité demeure une préoccupation majeure, en particulier dans les marchés immobiliers les plus dynamiques, selon Rebecca Oakes, vice-présidente de l’analyse avancée chez Equifax Canada. De nombreux ménages sont confrontés à une augmentation soudaine de leurs mensualités hypothécaires lors du renouvellement de leur prêt, ce qui les incite à magasiner et à changer de prêteur.
Selon le rapport d’Equifax, les paiements manqués sur les prêts hypothécaires de plus grande valeur en Ontario sont en augmentation, car certains consommateurs ont du mal à faire face aux nouveaux montants de leurs versements. « Nous continuons de constater une augmentation des paiements manqués sur les prêts hypothécaires de plus grande valeur en Ontario, car les niveaux de paiement après renouvellement s’avèrent trop élevés pour certains consommateurs », a ajouté Rebecca Oakes.
Parallèlement, l’accès à la propriété devient de plus en plus difficile, en particulier pour les jeunes acheteurs. Une analyse récente de l’Université d’Ottawa révèle que le coût d’une première maison a augmenté de 265 % depuis 2004, alors que les revenus n’ont augmenté que de 76 %. L’économiste Mike Moffat souligne que les gouvernements doivent agir pour réduire le coût de la construction de logements et assouplir les réglementations de zonage afin de permettre davantage de projets de densification.
« Les maisons familiales neuves coûtent deux fois plus cher par rapport au revenu qu’il y a 20 ans. Et à moins que les gouvernements ne prennent sérieusement la décision de réduire le coût de la construction de logements, il faudra encore 20 ans pour y remédier », a déclaré Mike Moffat dans son rapport. Il estime même qu’il faudrait 25 ans pour que le rapport prix/revenu retrouve son niveau de 2004, même si les prix de l’immobilier cessaient d’augmenter.
