L’Amérique latine est en pleine mutation politique, marquée par un retour en force des conservateurs et une influence grandissante des États-Unis sous la direction de Donald Trump. Cette nouvelle donne, caractérisée par des pressions économiques et politiques, redessine les alliances et les équilibres dans la région.
La stratégie de l’administration Trump, inspirée de la Doctrine Monroe du XIXe siècle, vise à contrer l’influence croissante de la Chine, de la Russie et de l’Iran en Amérique latine. Selon la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis, la suprématie hémisphérique est une priorité, interdisant aux acteurs non-américains de déployer des forces ou de contrôler des ressources stratégiques. Toute présence de ces puissances rivales est perçue comme une menace, indépendamment du consentement des États hôtes.
Plusieurs pays ont déjà basculé dans l’orbite américaine. En Argentine, l’élection de Javier Milei en 2023 a été suivie d’un plan de sauvetage financier de 20 milliards de dollars (environ 18,5 milliards d’euros) pour renforcer les réserves du pays et rembourser sa dette extérieure. Cette aide a contribué à la victoire du parti de Milei aux élections législatives d’octobre dernier. L’Équateur, avec l’arrivée de Daniel Noboa à la présidence en 2023, a renforcé ses accords économiques et militaires avec Washington, obtenant notamment le statut de « pays tiers sûr » pour les transferts de migrants en provenance des États-Unis.
Le Paraguay a maintenu un gouvernement conservateur avec l’élection de Santiago Peña en 2023. Au Salvador, Nayib Bukele a été réélu. Au Panama, José Raúl Mulino, un allié de Washington, a pris ses fonctions en 2024. Et en Bolivie, l’élection de Rodrigo Paz Pereira en 2025 devrait marquer la fin de deux décennies de populisme social-communiste. Récemment, l’élection d’Antonio Kast au Chili a rétabli des liens étroits avec Trump, fondés sur des valeurs et des stratégies communes. Le Honduras, après l’élection du candidat nationaliste et conservateur Nasry Asfura, soutenu par Trump, a également bénéficié de cette nouvelle approche américaine, scellée lors d’une rencontre à Washington. Au Costa Rica, l’élection de Laura Fernández Delgado confirme cette alliance avec les États-Unis.
La situation au Venezuela est également en évolution, avec l’envoi d’un nouveau représentant de Washington à Caracas après des décennies d’absence et l’amnistie des prisonniers politiques. Ces mesures, selon certaines sources, témoignent de l’efficacité des pressions exercées pour obtenir des changements de régime. Des menaces ont également été proférées à l’encontre du président colombien Gustavo Petro, qualifié de trafiquant de drogue, ainsi qu’un blocus naval de facto contre Cuba, poussant les dirigeants colombien et cubain à solliciter un dialogue avec les États-Unis.
Plusieurs défis demeurent cependant. Le Brésil, gouverné par Lula da Silva, le Mexique, dirigé par Claudia Sheinbaum, et le Nicaragua, sous la direction de Daniel Ortega et Rosario Murillo, restent des points de friction. Les contrats commerciaux signés avec la Chine et la prolifération des gangs de narcotrafiquants vénézuéliens constituent également des préoccupations majeures. Selon certains observateurs, seul Donald Trump serait en mesure de résoudre ces problèmes pour le bien des populations latino-américaines.