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La famille élargie ne savait pas que le tragique Daniel Aruebose existait

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Publié le 2025-10-04 09:16:00. Près de trois semaines de recherches acharnées ont été nécessaires dans une zone marécageuse du nord de Dublin pour retrouver les restes squelettiques de Daniel Aruebose, âgé de trois ans. Les enquêteurs suspectent une inhumation à la hâte, la tombe étant peu profonde.

  • Les restes de Daniel Aruebose ont été découverts le 29 août dans une zone marécageuse du nord de Dublin.
  • L’enfant avait disparu à l’été 2021, mais sa disparition n’a été signalée que récemment, après une démarche auprès des services sociaux.
  • La cause exacte de son décès reste indéterminée, suscitant des inquiétudes quant aux poursuites judiciaires potentielles contre ses parents.

La découverte macabre intervient après des semaines d’investigations déclenchées par des vérifications auprès des services de protection de l’enfance, Tusla. L’agence a confirmé avoir été alertée le 29 août, suite à une démarche relative à Daniel Aruebose. Une perquisition a ensuite été menée dans l’appartement familial où le garçon avait résidé pendant près de deux ans, mais aucune trace de sa présence n’a été trouvée, à l’exception d’une unique photographie le montrant âgé d’environ deux ans et demi.

Le petit Daniel, aux grands yeux bruns, avait disparu à l’été 2021. Ce n’est que plusieurs années plus tard, dans la perspective de la rentrée scolaire, qu’une demande de prestations sociales a levé le voile sur sa disparition. La mère de l’enfant, Maria Aruebose, aurait falsifié des documents en affirmant qu’il fréquentait une école locale. Ce mensonge a conduit le ministère de la Protection sociale à contacter Tusla, qui a finalement alerté la Garda Síochána (la police irlandaise).

Les parents, Maria Aruebose et Ciaran Dirrane, auraient d’abord affirmé aux autorités que Daniel avait été tué, avant de déclarer qu’il était « mort dans son sommeil ». Paniqués, ils auraient alors décidé d’enterrer le corps dans cette zone isolée, à environ trois kilomètres de leur domicile de Donabate. Les restes, retrouvés dans une tombe peu profonde, sont trop dégradés pour permettre de déterminer avec certitude la cause du décès, alimentant la crainte que la vérité ne soit jamais pleinement établie.

Kate Duggan, directrice de Tusla, a qualifié l’affaire de « absolument pénible », tout en assurant qu’une enquête interne n’avait révélé « aucun problème de protection de l’enfance » concernant Daniel Aruebose. Elle a toutefois confirmé que les conclusions de cette enquête interne avaient été transmises au ministère de la Protection de l’enfance et soutenait leur publication, sous réserve de ne pas porter préjudice à l’enquête en cours de la Garda Síochána.

Les informations recueillies dressent le portrait d’une vie marquée par la discrétion et l’isolement. Maria Aruebose, née au Nigeria et arrivée en Irlande à l’âge de cinq ans, avait quitté son domicile familial à Cork après une période de rébellion contre ses parents, chrétiens pratiquants. Elle était restée en contact sporadique avec sa famille, qui ignorait tout de sa grossesse et de la naissance de son fils. Sa mère n’a appris l’existence de son petit-fils que lorsque la police s’est présentée à son domicile le 28 août.

Le propriétaire du logement partagé où vivaient Maria Aruebose et Ciaran Dirrane à Portmarnock a révélé que la jeune femme, décrite comme une « joueuse » en ligne, n’avait jamais montré de signe de grossesse avant son départ précipité pour l’hôpital. Ciaran Dirrane, originaire des îles d’Aran, aurait quant à lui quitté l’Irlande en 2023 pour s’installer au Brésil, où il a refait sa vie. Il collabore avec les enquêteurs depuis son nouveau pays de résidence.

Les parents soutiennent désormais que leur fils est décédé de mort naturelle, bien qu’inexpliquée. La découverte de la tombe a nécessité près de trois semaines de fouilles minutieuses, malgré les indications fournies par Maria Aruebose. Une semaine après la découverte des restes, l’autopsie n’a pas permis d’établir la cause du décès. Des examens complémentaires, notamment ADN et toxicologiques, sont en cours pour tenter d’élucider les circonstances entourant la mort de Daniel.

La famille d’accueil de Daniel, qui l’a accueilli durant sa première année de vie et une partie de sa deuxième, a exprimé sa profonde tristesse et sa colère. « Il était le plus doux des bébés », a confié la sœur adoptive. « Nous sommes tellement en colère. Comment cela a-t-il pu arriver ? » Ils soulignent que Daniel, un enfant vif et intelligent, semblait très aimé durant son séjour chez eux, et s’interrogent sur les raisons pour lesquelles il a été rendu à sa famille biologique.

La situation soulève des questions cruciales sur la protection de l’enfance. Le système actuel, bien que dit « centré sur l’enfant », a-t-il réellement agi dans le meilleur intérêt de Daniel lors de sa remise à ses parents biologiques ? Les autorités mènent actuellement une révision des cas clos pendant la pandémie de Covid-19, un exercice coûteux mais nécessaire pour prévenir de nouvelles tragédies. La mort de Daniel Aruebose, si tragique soit-elle, rappelle l’impératif de vigilance pour protéger les plus vulnérables.

Il est à craindre que les parents ne soient poursuivis pour tromperie (fausses déclarations auprès des services de protection de l’enfance) et inhumation illégale si la cause du décès ne peut être déterminée. Une source proche de l’enquête a précisé qu’en l’absence de blessures visibles sur les restes squelettiques, les charges pourraient se limiter à ces infractions, passibles de peines de prison.

Par ailleurs, il a été révélé que Maria Aruebose avait, quatre ans avant la découverte des restes, publié une annonce en ligne pour trouver une personne capable de « s’occuper de mon enfant pendant une semaine pendant que mon partenaire et moi sommes en vacances ». L’annonce, postée sur SureSitter.com, proposait 600 € pour la semaine et précisait que le candidat devait idéalement être agréé par la police irlandaise.

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