Sécurité aérienne : des pilotes indiens tirent la sonnette d’alarme sur les Boeing 787 d’Air India
La Fédération des pilotes indiens (FIP) a adressé une lettre alarmante au ministre de l’Aviation civile, exprimant de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité des Boeing 787 opérés par Air India. Ces préoccupations font suite à des incidents techniques majeurs impliquant des pannes de systèmes électriques et un récent audit de la DGAC sur les pratiques de maintenance de la compagnie aérienne.
Dans un courrier daté du 10 octobre 2025, le capitaine CS Randhawa, président de la FIP, a cité deux événements critiques survenus en l’espace d’une semaine comme preuves d’une dégradation des normes de sécurité. Ces incidents, impliquant les appareils immatriculés AI-117 et AI-154, soulèveraient des questions quant à une surveillance inadéquate de la maintenance.
« Depuis le 16 juin 2025, nous avons à maintes reprises insisté sur la nécessité de vérifier minutieusement tous les B-787 du pays concernant leurs systèmes électriques », rappelle la lettre. Elle détaille ensuite les deux événements : le 4 octobre, le système d’atterrissage d’urgence (RAT) s’est déployé de manière intempestive sur l’AI-117 lors de son approche à Birmingham (BHX). Moins de cinq jours plus tard, le 9 octobre, le vol AI-154, en provenance de Vienne à destination de Delhi, a dû être dérouté vers Dubaï suite à des dysfonctionnements techniques majeurs.
Selon les informations rapportées par l’ANI, l’équipage de l’AI-154 a été confronté à une panne soudaine du système de pilote automatique, déclenchant une cascade de défaillances. L’avion aurait connu des pannes sur des systèmes essentiels tels que le pilote automatique, le système d’atterrissage aux instruments (ILS), les directeurs de vol (FD) et une dégradation du système de commande de vol, rendant l’atterrissage automatique impossible.
« Les pilotes n’ont pas pu activer le pilote automatique en raison de défaillances électriques, les contraignant à piloter manuellement de nuit », précise la lettre. Les directeurs de vol n’étaient pas non plus opérationnels, et les systèmes de commande de vol dégradés. Malgré ces déboires, l’appareil a atterri sans encombre à Dubaï, et la FIP a tenu à féliciter la compétence des pilotes pour avoir géré la situation en vol manuel nocturne avec des systèmes automatisés limités. Air India a toutefois fermement démenti toute panne électrique sur le vol AI 154.
La Fédération met en garde contre le caractère répétitif de ces pannes, particulièrement après l’accident de l’AI-171 (non détaillé dans la source), suggérant des problèmes plus profonds tant au niveau des systèmes électriques que des pratiques de maintenance. La lettre allègue que ces difficultés se sont accrues depuis qu’Air India a confié les responsabilités de maintenance d’Air India Engineering Services Ltd. (AISL) à de nouveaux ingénieurs embauchés.
Face à cette situation, la FIP exhorte le ministère de l’Aviation civile à prendre des mesures concrètes. Elle demande une enquête approfondie sur les incidents des AI-117 et AI-154. En outre, les pilotes recommandent de clouer au sol l’ensemble de la flotte de Boeing 787 d’Air India jusqu’à la réalisation de vérifications complètes des systèmes électriques.
Par ailleurs, la FIP sollicite un audit spécial de la DGAC portant sur les pratiques de maintenance d’Air India, avec une attention particulière portée aux dérogations de la liste d’équipement minimum (MEL) et aux problèmes techniques récurrents sur les B-787. « La sécurité du transport aérien est compromise par l’absence d’enquête sur les causes des défaillances des B-787 dans le pays », conclut la lettre, qui a été transmise au secrétaire du ministère de l’Aviation civile, au directeur général de la DGAC, et au directeur général conjoint (sécurité aérienne) de la DGAC.