Minneapolis a finalement obtenu le retrait des agents fédéraux déployés par l’administration Trump, mais la fin de l’opération controversée laisse derrière elle un bilan lourd de traumatismes et de questions sur la responsabilité des autorités.
Après plus de deux mois de tensions, d’arrestations et de déportations, le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a salué jeudi le départ des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et du Département de la Sécurité intérieure (DHS). L’opération « Metro Surge », lancée en janvier 2026, avait déployé près de 3 000 agents dans la ville, suscitant une vague de protestations et de résistance de la part des habitants.
« Ils pensaient pouvoir nous briser, mais l’amour pour nos voisins et la détermination à endurer peuvent survivre à une occupation. Ces patriotes de Minneapolis montrent qu’il ne s’agit pas seulement de résistance : se tenir aux côtés de nos voisins est profondément américain », a déclaré le maire Frey, qui avait lancé un appel direct à ICE en janvier : « Foutez le camp de Minneapolis ! »
L’impact économique de l’opération a été dévastateur pour les entreprises locales, paralysées par la peur et la méfiance. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a annoncé un plan d’aide de 10 millions de dollars (environ 8,8 millions d’euros) pour soutenir les commerces touchés et préserver les emplois.
Cependant, au-delà des chiffres, la résistance de Minneapolis a été marquée par des tragédies. Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a souligné la nécessité d’une transparence totale et de justice pour Renee Good, une poète et mère de trois enfants, et Alex Pretti, un infirmier en soins intensifs, qui ont perdu la vie pendant l’opération. « Nous méritons toujours la transparence, et Renee Good et Alex Pretti méritent justice. Je continuerai d’exiger des enquêtes indépendantes sur leur mort et sur tout recours excessif à la force par des agents fédéraux », a-t-il déclaré.
La députée américaine Ilhan Omar a dénoncé une « terreur raciale militarisée » ciblant les communautés noires, brunes et immigrées de l’État. « L’opération « Metro Surge » a révélé jusqu’où l’ICE est prêt à aller pour intimider et terroriser les communautés noires, brunes et immigrées de notre État », a-t-elle affirmé. Elle a appelé à l’abolition de l’agence et à la destitution de Kristi Noem, secrétaire du DHS, pour « crimes et délits graves », une résolution soutenue par 187 députés à ce stade.
« Deux de mes électeurs, Renee Good et Alex Pretti, ont été tués par des agents fédéraux chargés de l’application de la loi sur l’immigration. Un troisième a été abattu dans des circonstances douteuses », a-t-elle ajouté, soulignant la douleur et le traumatisme infligés à la communauté.
La fin de l’opération « Metro Surge » est donc perçue comme une victoire pour les habitants de Minneapolis, mais elle ne marque pas la fin de la lutte pour la justice et la responsabilité. La députée Omar a insisté sur la nécessité de garantir que de tels abus de pouvoir ne se reproduisent plus jamais.