Home International La grève met à l’épreuve la refonte du droit du travail en Argentine par Milei

La grève met à l’épreuve la refonte du droit du travail en Argentine par Milei

0 comments 78 views

Publié le 20 février 2024 à 07h03. Une grève générale a paralysé l’Argentine jeudi, en réponse à une réforme du droit du travail portée par le président Javier Milei, intensifiant le conflit entre le gouvernement et les syndicats.

  • La Chambre des députés a adopté le projet de loi, qui vise à flexibiliser les embauches et les licenciements.
  • Les transports, les hôpitaux, les ports et les écoles ont été perturbés à travers le pays.
  • Le président Milei, en déplacement à Washington, a minimisé l’impact des protestations.

La grève, organisée par les principaux syndicats argentins, a entraîné l’arrêt des bus et du métro dans les grandes villes, la suspension de la production dans de nombreuses usines, la fermeture des banques et l’annulation de centaines de vols. Les hôpitaux publics ont reporté les opérations non urgentes. Des scènes de tension ont éclaté à Buenos Aires, où la police a utilisé des canons à eau pour disperser des manifestants qui lançaient des pierres et des bouteilles.

Le projet de loi, considéré comme crucial par Javier Milei pour attirer les investissements étrangers et relancer l’économie argentine, modifie en profondeur le code du travail en vigueur depuis plus d’un demi-siècle. Il accorde aux employeurs une plus grande latitude en matière de négociation collective, de périodes d’essai et de licenciements, tout en réduisant les indemnités de départ et en autorisant des journées de travail de 12 heures (contre 8 actuellement). Une clause initialement prévue, réduisant de moitié les salaires des travailleurs en congé maladie ou pour blessure non liée au travail, a été abandonnée suite à une forte opposition.

Les syndicats dénoncent une attaque contre les droits des travailleurs et un retour en arrière vers une époque où le mouvement péroniste, dominant depuis les années 1940, garantissait des protections sociales importantes. Selon les estimations syndicales, environ 40 % des 13 millions de travailleurs enregistrés en Argentine sont affiliés à un syndicat, dont beaucoup sont proches du péronisme.

Cette réforme constitue le premier grand test politique pour Javier Milei depuis son élection et le succès de son parti libertaire aux élections législatives de l’année dernière. Il a bénéficié du soutien de personnalités influentes, notamment de l’ancien président américain Donald Trump, qui a réitéré son appui lors d’une rencontre à Washington jeudi. L’Initiative du Conseil de la Paix de Trump a été le cadre de cette rencontre.

« Je l’ai soutenu. Je ne suis pas censé soutenir les gens, mais quand j’aime les gens… je soutiens les dirigeants étrangers. »

Donald Trump, président américain

Le gouvernement Milei affirme que ces mesures sont nécessaires pour moderniser le marché du travail et stimuler la croissance économique, alors que l’Argentine est confrontée à une crise économique persistante, marquée par une inflation élevée et un chômage important. Cependant, des voix s’élèvent pour souligner que la réforme du droit du travail ne suffira pas à elle seule à résoudre les problèmes structurels de l’économie argentine, qui nécessitent également des investissements dans les infrastructures, l’énergie et l’éducation. La frustration économique reste palpable dans le pays.

Le projet de loi doit maintenant être soumis au vote du Sénat la semaine prochaine. L’histoire récente de l’Argentine rappelle que l’adoption de telles réformes est loin d’être garantie, le président Fernando de la Rúa ayant vu une réforme similaire annulée et ayant été accusé de corruption en 2000.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.