Publié le 16 mai 2024 à 18h30. Une souche particulièrement virulente de grippe aviaire se propage à grande vitesse en Antarctique, menaçant des populations d’oiseaux marins et de mammifères déjà vulnérables, selon des scientifiques chiliens.
L’alerte est donnée par la communauté scientifique face à la progression rapide de la grippe aviaire sur le continent antarctique. Une équipe de chercheurs chiliens a identifié en avril 2024 une souche particulièrement dangereuse, capable de décimer les populations animales infectées.
Selon Victor Neira, scientifique à l’Université du Chili et à l’Institut chilien de l’Antarctique (INACH), cette nouvelle souche a été détectée initialement chez cinq labbes, un type d’oiseau marin polaire. Depuis, le virus s’est propagé sur une zone côtière s’étendant sur 900 kilomètres (560 miles). Une récente expédition a confirmé la présence du virus chez d’autres espèces, notamment des cormorans de l’Antarctique, des goélands varech, des manchots Adélie et papous, ainsi que des otaries à fourrure de l’Antarctique.
« Le virus s’est complètement propagé dans toute la région de l’Antarctique où nous avons la capacité d’aller étudier. Cette maladie est capable de tuer 100 pour cent des oiseaux en peu de temps. »
Victor Neira, scientifique à l’Université du Chili et à l’INACH
La rapidité avec laquelle le virus se propage est particulièrement préoccupante, compte tenu de la taille relativement limitée des populations animales en Antarctique. Les espèces concernées, comme les cormorans de l’Antarctique et les labbes, ne comptent qu’environ 20 000 individus. Une telle vulnérabilité rend ces populations particulièrement sensibles aux épidémies.
Cette propagation intervient dans un contexte mondial de crise de la grippe aviaire, qui affecte les oiseaux et les mammifères du monde entier depuis 2021, en raison des migrations aviaires. En 2023, le Chili a déjà subi de lourdes pertes avec la mort de milliers de manchots de Humboldt.