Home Accueil La guerre en Iran de Trump pourrait être une catastrophe encore plus grave que l’Irak

La guerre en Iran de Trump pourrait être une catastrophe encore plus grave que l’Irak

0 comments 54 views

L’administration Trump semble s’acheminer vers une confrontation militaire avec l’Iran, une escalade qui pourrait dépasser en ampleur et en imprudence les décisions prises par George W. Bush en Irak en 2003. Alors que le président américain se présente comme un opposant aux « guerres sans fin », les signes d’une intervention imminente s’accumulent.

Jusqu’à présent, Donald Trump avait privilégié des opérations militaires rapides et ciblées, comme des frappes de drones ou des assassinats, en Syrie, au Venezuela et dans les Caraïbes. Cependant, le déploiement actuel de forces navales et aériennes suggère une préparation à une campagne beaucoup plus vaste.

Selon le New York Times, « deux groupes de porte-avions et des dizaines d’avions de combat, de bombardiers et d’avions de ravitaillement sont désormais positionnés à portée de frappe de l’Iran ». Kelley Vlahos, de Responsible Statecraft, souligne que la région compte actuellement 108 avions-citernes, contre 149 lors de la première phase de la guerre en Irak en 2003.

Robert Pape, politologue à l’Université de Chicago, estime que cette concentration de moyens aériens représente « 40 à 50 % de la puissance aérienne américaine déployable dans le monde », comparable à celle mobilisée lors des guerres du Golfe de 1991 et d’Irak en 2003. Il ajoute qu’un tel déploiement de force sans lancement d’attaques est sans précédent.

Cette situation rappelle la politique impérialiste américaine au Moyen-Orient, mais avec des différences notables. La guerre du Golfe de 1991 avait été justifiée par l’invasion du Koweït par l’Irak, une violation du droit international. Le président George H.W. Bush avait obtenu l’approbation du Congrès et des Nations Unies, ainsi que le soutien d’une large coalition internationale.

En 2003, George W. Bush se trouvait dans une position plus délicate. Bien qu’il ait obtenu l’aval du Congrès, il n’a pas pu obtenir le soutien de l’ONU. La coalition qu’il a réunie était plus restreinte et composée de nations dépendantes du patronage américain. De plus, les justifications de la guerre étaient basées sur des informations erronées (armes de destruction massive irakiennes inexistantes, liens fallacieux entre Saddam Hussein et les attentats du 11 septembre) et une propagande douteuse (promesses de libérer l’Irak et de démocratiser le Moyen-Orient).

La guerre en Irak, lancée sur des bases contestables, s’est avérée désastreuse. Or, l’administration Trump semble prête à dépasser les erreurs de son prédécesseur. Le président actuel n’a sollicité ni l’approbation du Congrès ni celle des Nations Unies pour une éventuelle attaque contre l’Iran. Il n’a pas non plus mené de campagne de propagande élaborée pour obtenir un consensus public, se basant apparemment sur sa propre volonté.

Les objectifs de l’administration Trump restent flous. Parfois, le président évoque la nécessité d’un accord nucléaire plus strict avec l’Iran, similaire à celui négocié par Barack Obama en 2015. À d’autres moments, la Maison Blanche laisse entendre qu’elle vise un changement de régime à Téhéran. Selon le New York Times, les responsables de l’administration ne savent pas clairement quels sont leurs objectifs.

Ce manque de clarté rend une guerre presque inévitable, même si certaines factions de l’administration Trump hésitent. Il est peu probable que l’Iran négocie avec les États-Unis si les objectifs américains restent imprécis. Le régime iranien est ouvert à un nouveau traité nucléaire, mais refuse de renoncer à son programme de missiles, une exigence formulée par certains responsables américains.

Par ailleurs, la politique de l’administration Trump aliène les alliés dont les États-Unis auraient besoin en cas de conflit prolongé. Les menaces d’annexion du Groenland ont suscité la méfiance des Européens, et le Royaume-Uni refuse actuellement de permettre l’utilisation de ses bases aériennes pour une frappe contre l’Iran. L’ambassadeur américain en Israël a provoqué un scandale en affirmant que la Bible donne à Israël le droit de revendiquer des territoires appartenant à des alliés des États-Unis.

Une issue pacifique est encore possible, notamment si l’administration Trump se concentre sur un nouvel accord nucléaire. Cependant, le président américain a peu d’aptitudes pour la diplomatie, préférant des démonstrations de force qui causent des dégâts considérables sans parvenir à une solution durable. Compte tenu de la situation actuelle, une petite guerre semble probable, ouvrant la voie à un conflit plus vaste et potentiellement catastrophique.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.