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La guerre et les restrictions commerciales chinoises menacent l’économie mondiale

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Publié le 17 octobre 2025. Le ministre des Finances, Paschal Donohoe, a alerté sur un risque de choc économique mondial suite aux restrictions chinoises sur les terres rares. Ces préoccupations ont été exprimées lors des réunions de l’automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Washington.

  • Le ministre irlandais des Finances, Paschal Donohoe, a mis en garde contre un possible « choc pour la croissance économique mondiale » en raison des restrictions chinoises sur les exportations de terres rares et autres minéraux essentiels.
  • Les discussions du FMI et de la Banque mondiale ont également été dominées par la guerre en Ukraine et le conflit à Gaza, avec des appels à la coopération internationale pour la reconstruction post-conflit.
  • Malgré une résilience économique mondiale plus forte qu’anticipée, une prudence reste de mise face aux incertitudes futures, notamment liées aux politiques tarifaires.

Lors de son entretien avec RTÉ News, Paschal Donohoe a souligné le potentiel de ces restrictions imposées par Pékin à « constituer le type de développement économique qui pourrait représenter un choc pour la croissance économique mondiale ». Il a insisté sur la nécessité d’une diplomatie active dans les semaines à venir pour prévenir de tels dérapages. « Ceci concerne l’Europe, cela concerne de nombreuses autres régions du monde », a-t-il précisé, appelant à une action concertée pour éviter cette menace.

Ces préoccupations économiques s’inscrivent dans un contexte de réunions internationales marquées par des discussions sur les conflits en cours. La fin de la guerre à Gaza et les avancées potentielles dans les négociations de paix avec la Russie, suite à une rencontre entre le président Donald Trump et le président ukrainien Volodymr Zelensky, ont été au cœur des échanges entre ministres des Finances et banquiers centraux. Ces derniers devront envisager le financement de la reconstruction des zones touchées, conditionné à l’arrêt définitif des hostilités.

« Gaza a été un thème majeur des discussions ici à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international », a affirmé M. Donohoe. Il a indiqué que la Banque mondiale avait mis en place un groupe d’experts dédié à la reconstruction de Gaza, soulignant l’importance cruciale de la coopération et du financement internationaux pour cette entreprise. Il a également espéré que l’Irlande et l’Union européenne seraient disposées à jouer un rôle actif, tout en précisant que le coût global et les modalités de réalisation en toute sécurité devaient encore être évalués.

Dans cette optique, l’Autorité palestinienne a annoncé un ambitieux programme de reconstruction de Gaza, estimé à 67 milliards de dollars. Une conférence des donateurs est prévue le mois prochain au Caire, sous l’égide de l’Égypte, pour recueillir les engagements financiers internationaux. Ce plan, étalé sur deux ans, vise à réhabiliter les logements, les infrastructures, l’économie et la gouvernance ravagées par deux années de conflit.

Concernant l’Ukraine, alors que les combats approchent de leur quatrième année sans perspective de paix concrète, la communauté internationale, et particulièrement l’Europe, doit anticiper la réhabilitation du pays. Paschal Donohoe, qui préside également l’Eurogroupe, a souligné l’ampleur des besoins économiques de l’Ukraine. L’Union européenne a déjà mobilisé des milliards d’euros pour soutenir le fonctionnement de son gouvernement et de son économie. M. Donohoe a insisté sur le fait que le financement de la reconstruction serait plus efficace « dans un contexte où il n’y a pas de conflit ni de guerre », un scénario bénéfique non seulement pour les Ukrainiens, mais aussi pour l’ensemble des populations affectées par le conflit.

Il a précisé que le processus de financement passerait d’abord par l’action du FMI, qui a déjà mis en place un programme de soutien économique direct à l’Ukraine, financé par ses États membres, dont l’Irlande. L’objectif est de voir le FMI établir un cadre de soutien supplémentaire, permettant ensuite aux autres pays de répondre aux besoins financiers de l’Ukraine.

La guerre en Ukraine continue de peser sur l’économie européenne, freinant la croissance sur une grande partie du continent. Selon les perspectives économiques mondiales du FMI publiées cette semaine, la zone euro devrait connaître une croissance de 1,1 % l’année prochaine. L’Irlande, quant à elle, est attendue en croissance de 1,3 % en 2026, après une expansion spectaculaire de 9 % en 2025, dopée par des exportations pharmaceutiques exceptionnelles vers les États-Unis avant l’instauration de nouveaux tarifs douaniers.

Paschal Donohoe a estimé que la croissance de la zone euro et de l’Union européenne, bien qu’en amélioration, n’atteignait pas encore le niveau souhaité. « Nous allons voir l’Union européenne, la zone euro, croître de plus de 1 % l’année prochaine – c’est mieux que ce qui est prévu en raison des effets économiques de la guerre sur le peuple ukrainien, mais nous avons beaucoup de travail à faire pour garantir que l’Union européenne puisse croître plus rapidement », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l’Irlande, malgré une économie en croissance positive, avait été affectée par les droits de douane et un climat d’incertitude économique mondiale. Le plan de développement national sera donc crucial pour pallier un faible niveau de croissance. De plus, l’Irlande jouera un rôle central dans des projets européens d’importance lors de sa présidence de l’UE au second semestre de l’année prochaine, notamment concernant l’euro numérique et l’optimisation de l’épargne européenne.

Le FMI s’est montré plus optimiste quant à l’impact des tarifs douaniers américains sur l’économie mondiale, constatant un report de la croissance des exportations des États-Unis vers d’autres régions du monde, les entreprises ayant trouvé de nouveaux marchés en réponse à ces mesures. « Il est donc juste de dire que l’économie mondiale se révèle plus résiliente que ce à quoi nous nous attendions lors de notre dernière réunion ici en avril », a commenté M. Donohoe. Cependant, il a nuancé cet optimisme par une « réelle prudence quant à ce que les perspectives pourraient apporter ». L’essor de l’intelligence artificielle (IA) est un facteur clé de cette résilience, mais sa durabilité reste à confirmer. De même, bien que la certitude concernant les tarifs douaniers ait augmenté, leur impact à long terme sur la rentabilité, la croissance et l’emploi nécessite encore une évaluation plus approfondie.

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