Publié le 2025-10-28 10:24:00. La COP30 s’apprête à ouvrir ses portes au Brésil dans un contexte climatique « extrêmement préoccupant », dix ans après l’Accord de Paris. Les experts alertent sur le dépassement des objectifs de température et soulignent l’urgence d’actions concrètes pour la réduction des émissions.
La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30), qui se tiendra à Belém, au Brésil, du 6 au 21 novembre prochain, revêt une importance particulière. Cet événement marque le dixième anniversaire de l’Accord de Paris, et se déroule alors que le Brésil retrouve une place centrale sur la scène internationale, notamment au sein des BRICS et dans les discussions sur la lutte contre le réchauffement climatique.
Walid Oueslati, expert en environnement, a déploré le 28 octobre 2025 lors de l’émission « Expresso » que les indicateurs actuels suggèrent un dépassement du seuil limite de 1,5 degré Celsius d’augmentation de la température mondiale, un objectif fixé pour 2035. Il a qualifié la situation de « extrêmement préoccupante », craignant même un « scénario catastrophique » si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites. Les estimations actuelles pointent vers une hausse d’environ 2,7 degrés Celsius d’ici 2035, malgré les engagements pris par certains pays.
La COP30 abordera trois axes majeurs pour relever ce défi : l’accélération des politiques nationales de réduction des émissions, le lancement de projets concrets et financés, et la mobilisation des fonds nécessaires à leur mise en œuvre. L’expert a rappelé que la COP29 avait approuvé une enveloppe de 1,3 billion de dollars (environ 1 200 milliards d’euros) d’ici 2035 pour soutenir les pays en développement dans leurs efforts climatiques. La conférence de Belém devra définir les modalités de décaissement et les conditions d’accès à ces fonds.
Walid Oueslati a également rappelé que les émissions de chaleur restent piégées dans l’atmosphère pendant des décennies, parfois jusqu’à soixante-dix ans, contribuant ainsi à l’intensification du réchauffement. Il a souligné la nécessité d’une participation active des pays en développement, malgré les coûts économiques associés à la transition écologique.
Concernant la Tunisie, l’expert a regretté que la part des financements internationaux qu’elle reçoit reste limitée, faute de programmes et de projets clairs et susceptibles d’attirer des investissements. Il a mis en avant le rôle crucial des institutions économiques, responsables de 70 % des efforts de décarbonation. La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) n’est plus une simple vitrine, mais un facteur de crédibilité, de compétitivité et d’attractivité pour les investissements et les financements.
Il a ainsi appelé les entreprises à réduire leurs émissions et à maîtriser leurs chaînes de valeur afin de respecter les normes environnementales, considérant ces démarches comme essentielles pour diminuer leur empreinte carbone. Enfin, Walid Oueslati a mentionné un événement organisé le jour même par les Nations Unies en Tunisie, axé sur les moyens de réduire les émissions de chaleur et le rôle des entreprises africaines dans cet effort mondial.