Publié le 2025-11-04 05:38:00. Le Pérou se trouve dans une position délicate face au Mexique concernant l’asile accordé à l’ancienne Première ministre Betssy Chávez. Un expert en relations internationales estime que Lima est tenue de laisser partir Mme Chávez si Mexico le demande, malgré la récente rupture diplomatique.
- Le Pérou pourrait être contraint de permettre à Betssy Chávez de quitter le pays si le Mexique, qui lui a accordé l’asile, en fait la demande.
- Un spécialiste du droit international rappelle que si l’asile diplomatique ne doit pas être accordé aux personnes poursuivies pour crime, la situation de Mme Chávez est complexe suite à une décision de justice.
- La rupture des relations diplomatiques entre le Pérou et le Mexique pourrait avoir des répercussions sur des alliances régionales, comme l’Alliance du Pacifique.
Óscar Vidarte, professeur de relations internationales à l’Université pontificale catholique du Pérou (PUCP), a souligné que le gouvernement péruvien a des obligations internationales à respecter. Bien que la Convention de 1954 sur l’asile diplomatique stipule qu’il ne devrait pas être accordé à une personne poursuivie pour un crime, la situation de Betssy Chávez est particulière. Elle est actuellement libre, sous certaines restrictions, suite à une décision de la Cour Constitutionnelle qui a annulé la prolongation d’une mesure de détention préventive à son encontre.
M. Vidarte a précisé que le Pérou, en tant qu’État partie aux conventions internationales, est tenu de respecter ses engagements. Il a indiqué qu’il y a peu à réclamer de la part de Lima, car « chaque État a le droit d’accorder l’asile ». C’est l’État qui accorde l’asile qui détermine la nature de la persécution. Une fois l’asile octroyé, « l’État d’asile peut demander le départ du demandeur d’asile vers un territoire étranger et l’État territorial est obligé de s’y conformer ».
Cette crise diplomatique, survenue après que le Pérou a annoncé la rupture de ses relations avec le Mexique suite au refuge de Mme Chávez dans son ambassade, pourrait avoir des conséquences à plus long terme. Selon Óscar Vidarte, cette rupture « pourrait affecter une Alliance du Pacifique déjà affaiblie ». Il a ajouté que si les représentants mexicains devaient quitter le Pérou en raison de cette rupture, ils pourraient le faire en compagnie de Betssy Chávez, ou la remettre à un pays tiers.