Publié le 2024-11-19 10:00:00. Malgré un soutien populaire écrasant pour le cannabis médical, la Commission du cannabis médical du Nebraska maintient des réglementations strictes, suscitant la colère des patients et des militants.
- Les représentants de patients réclament un assouplissement des règles de la Commission du cannabis médical du Nebraska, jugées trop restrictives.
- La Commission justifie ses contrôles stricts par la nécessité d’éviter la sursaturation du marché et de garantir la fourniture d’une forme médicale du cannabis.
- Des élus remettent en question la légalité de certaines réglementations, notamment les plafonds de THC et les restrictions de résidence pour les prescripteurs.
À Lincoln, au Nebraska, une atmosphère de frustration régnait lors de la récente réunion de la Commission du cannabis médical. Une fois de plus, des citoyens sont venus témoigner, souvent émus, pour exhorter la Commission à revoir sa copie. Dominic Gillen, un fervent défenseur du cannabis médical, a exprimé sa profonde défiance :
« Je ne ferais confiance à aucun d’entre vous à moins de 30 mètres de ma famille si jamais j’avais besoin que vous vous en souciiez, parce que vous avez prouvé qu’on ne peut pas vous faire confiance. »
Dominic Gillen, partisan du cannabis médical
Malgré ces appels, la Commission reste inflexible. Elle maintient des contrôles de marché serrés, limitant le nombre total de cultivateurs autorisés ainsi que le volume de production par plante. Le Dr Monica Oldenburg, présidente de la Commission, a défendu cette approche :
« Nous voulons en fait que cela fonctionne et qu’il ne soit pas sursaturé au point que tout le monde fasse faillite et perde son entreprise et tout ce qu’il a investi. »
Dr Monica Oldenburg, présidente de la Commission du cannabis médical
Ces restrictions s’étendent aux modes de consommation, excluant explicitement la fleur, le vapotage et les produits comestibles aromatisés. Lorelle Mueting, une autre commissaire, a précisé la philosophie de la Commission :
« Nous ne prenons généralement pas de décisions médicales sur la base d’un vote populaire. Nous prenons des décisions médicales basées sur la science et la recherche. Et même si 71 % des habitants du Nebraska ont voté pour le cannabis médical, nous leur devons toujours de le fournir sous une forme médicale. Cela ne fera pas plus de mal que de bien. »
Lorelle Mueting, commissaire
Ces déclarations ont été prononcées une semaine seulement après qu’une avalanche de commentaires ont afflué de tout le Nebraska, contestant vivement la réglementation en vigueur. La grande majorité de ces contributions réclamaient un allègement des règles imposées par la Commission. Landon Crow, un autre militant, a souligné l’ampleur du soutien populaire :
« Vous êtes en train d’être détruits. C’est un glissement de terrain de 71 %. »
Landon Crow, partisan du cannabis médical
Par ailleurs, les trois commissaires ont manqué l’audience législative de la semaine dernière, un rendez-vous censé évaluer le déploiement du cannabis médical dans l’État. Durant cette session, le sénateur d’État John Cavanaugh a avancé que les réglementations actuelles pourraient enfreindre la loi. Il a notamment pointé du doigt le plafonnement de la quantité de tétrahydrocannabinol (THC) qu’un patient peut posséder, ainsi que l’exigence que seuls les praticiens principalement résidents du Nebraska puissent prescrire du cannabis.
« La Commission du cannabis médical n’a aucune autorité pour réglementer toute conduite explicitement autorisée en vertu de la loi sur la protection des patients. »
Sénateur John Cavanaugh
Malgré ces critiques et le risque potentiel de poursuites judiciaires, les commissaires semblent déterminés à maintenir le statu quo. La prochaine réunion de la Commission est fixée au 2 décembre.