Publié le 2025-10-19 02:19:00. Une lettre d’adieu inédite de Gilberto Rodríguez Orejuela, ancien chef du cartel de Cali, révèle une facette intime et regrette de l’ancien baron de la drogue, décédé en mai 2022. Révélé par sa dernière compagne, le document, inclus dans un nouveau livre, témoigne de ses remords et de son amour.
- Une lettre d’adieu manuscrite de Gilberto Rodríguez Orejuela, figure emblématique du cartel de Cali, a été rendue publique par sa compagne.
- Le document, rédigé avant sa mort en prison, exprime regret, amour et demande pardon pour les torts causés.
- La publication vise à humaniser l’image du narcotrafiquant et à permettre à la compagne de tourner une page douloureuse de sa vie.
C’est Aura Rocío Restrepo, dernière compagne de Gilberto Rodríguez Orejuela, surnommé « le joueur d’échecs », qui a révélé au grand jour une lettre d’adieu écrite par l’ancien chef du cartel de Cali. Le document, intégré dans le livre Gilberto et moi, offre un aperçu rare de l’intimité de cet homme, décédé en mai 2022 dans une prison américaine. Dans ce texte empreint de nostalgie, le narcotrafiquant revient sur ses erreurs passées et exprime les regrets qui l’ont accompagné durant ses dernières années.
« À ce stade de mon existence, je ne peux que vous demander pardon pour tous les dommages que je vous ai causés », écrit notamment Rodríguez Orejuela dans un passage de la lettre, qui a surpris sa destinataire. Restrepo a expliqué que la publication de cette missive s’inscrit dans sa démarche personnelle de guérison et de clôture. « Tu seras toujours ma reine, la seule que j’aime vraiment. J’aurais aimé que le temps me permette de corriger mes erreurs », confie également l’ancien patron, révélant une sensibilité loin de l’image impitoyable du narcotrafiquant des années 80 et 90.
Selon Restrepo, dévoiler cette lettre permet de montrer « une autre facette » de l’homme avec qui elle a partagé une partie de sa vie, tout en l’aidant à se libérer des souvenirs qui la liaient à ce passé trouble. « Ma vraie joie a été d’être mère. Il arrive un moment où il faut fermer des chapitres et être heureuse », a-t-elle affirmé, aspirant à s’éloigner de l’univers criminel qui a marqué son histoire. La lettre s’inscrit dans une série de témoignages visant à raconter son expérience de manière plus humaine et moins sensationnelle.
Cette révélation intervient quelques mois après la publication en Colombie, en janvier de la même année, du livre Gilberto, selon Rodríguez Orejuela : souvenirs secrets de l’ancien patron du cartel de Cali, dont des extraits avaient été partagés par sa fille, Alexandra Rodríguez Mondragón. Dans cet ouvrage, l’ancien chef du cartel livrait sa version des faits, de l’ascension à la chute de l’une des organisations criminelles les plus puissantes du pays, abordant notamment sa confrontation avec Pablo Escobar, ses liens avec le monde politique et les conséquences d’une double vie.
Le livre explorait également le controversé « procédé 8000 », qui impliquait le financement présumé de campagnes politiques par le cartel, y compris celle de l’ancien président Ernesto Samper, lequel a toujours démenti toute connaissance de l’origine des fonds. Des allégations d’approches envers Andrés Pastrana étaient également mentionnées, suscitant à l’époque de vives réactions publiques et des débats sur les réseaux sociaux.