Publié le 7 février 2024 à 07h01. La question du calendrier des compétitions sportives universitaires en Irlande, et de leur impact sur la préparation des équipes de comté, refait surface chaque année, exacerbant les tensions entre les responsables des universités et ceux des comtés.
- Le manager de Kilkenny, Derek Lyng, a récemment suggéré de disputer les compétitions universitaires avant Noël, une idée qui ravive un débat annuel.
- Les blessures liées à la surcharge de matchs sont une préoccupation majeure, notamment avec des joueurs contraints d’enchaîner les rencontres entre leurs études et leurs équipes de comté.
- Un rapport récent sur le statut amateur des joueurs pourrait ouvrir la voie à une solution : permettre aux étudiants de se concentrer exclusivement sur leurs compétitions universitaires jusqu’à l’élimination de leur équipe.
Benny Hurl, ancien responsable du Comité national de la démographie du GAA et actuel président de l’Autorité de l’enseignement supérieur, soupire face à la récurrence de cette problématique. Il souligne que le débat sur la programmation des compétitions universitaires avant les examens de Noël revient chaque année, sans réelle avancée.
« Chaque année, un manager sort et se demande pourquoi ses joueurs ne peuvent pas jouer avant Noël, alors que le problème est lié à la période des examens et à la semestérisation, explique M. Hurl. C’est un débat qui dure depuis très longtemps. »
M. Hurl supervise notamment les compétitions de Fitzgibbon et de Sigerson, les plus anciens trophées non inter-comtés des jeux gaéliques. Il observe des tensions constantes, car les jeunes joueurs se retrouvent tiraillés entre leurs engagements universitaires et leurs équipes de comté, à un moment crucial de leur carrière sportive.
Pour les comtés, la pression est forte pour intégrer rapidement les jeunes joueurs dans les ligues nationales, et les dirigeants souhaitent avoir accès à leurs services, quel que soit leur calendrier académique. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le nombre de blessures augmente, comme l’a souligné Derek Lyng, le manager de Kilkenny.
« Certains joueurs, nous avons dû renoncer à les faire jouer le week-end car ce serait leur troisième match en sept jours, ce qui ne serait tout simplement pas juste. On observe une augmentation des blessures aux ischio-jambiers, c’est décevant pour eux car ils ont fourni un énorme effort en pré-saison, mais on ne peut pas faire grand-chose. »
Derek Lyng, manager de Kilkenny
Outre les contraintes liées aux examens, M. Hurl met en avant d’autres obstacles à un éventuel report des compétitions universitaires avant Noël. Il évoque notamment les championnats de clubs qui se déroulent jusqu’en septembre, octobre, novembre et décembre, ainsi que les engagements des joueurs dans les équipes des moins de 21 ans de leurs comtés respectifs.
Il souligne également l’importance de ne pas perdre de vue l’objectif premier de l’enseignement supérieur. « Les étudiants franchissent les portes de l’université pour obtenir un diplôme, pas une médaille Sigerson ou Fitzgibbon, affirme-t-il. Je ne suis pas sûr que les responsables des comtés en tiennent suffisamment compte. »
L’Université de Limerick, favorite pour la victoire en Fitzgibbon Cup, a récemment été confrontée à de nombreuses blessures lors de sa demi-finale contre l’Université de Galway. Cathal O’Neill et Adam English, joueurs de Limerick, ont été contraints de déclarer forfait en raison de blessures contractées lors d’un match de championnat la semaine précédente. John Conneally, quant à lui, n’a pas pu jouer avec Clare après avoir été remplacé lors d’une rencontre contre Antrim. Au total, l’UL a enregistré neuf blessures parmi ses joueurs.
La nécessité de jouer sur des surfaces différentes (gazon et synthétique) est également pointée du doigt comme un facteur contribuant aux blessures. Une solution souvent évoquée serait de permettre aux joueurs de troisième niveau de se consacrer exclusivement à leurs compétitions universitaires pendant que leur équipe est encore en lice, mais cette proposition se heurte à l’importance de la ligue nationale dans les deux codes.
Cependant, un rapport publié en novembre dernier par le Comité de révision du statut d’amateur pourrait changer la donne. Ce rapport mentionne explicitement les joueurs de troisième niveau et propose une solution concrète : « Les joueurs éligibles à jouer pour leur université/collège dans des compétitions de troisième niveau devraient pouvoir le faire exclusivement jusqu’à ce que leur université/collège quitte la compétition. »
Reste à savoir si cette solution, qui semble évidente pour beaucoup, sera finalement mise en œuvre.