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La maison de Mike Johnson est Fox News avec un marteau

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Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a reconnu publiquement que l’institution qu’il dirige n’a plus d’influence réelle. Cet aveu, qualifié de « brut », survient dans un contexte de blocage législatif et reflète, selon l’analyse, une stratégie délibérée des dirigeants visant à affaiblir le pouvoir du Congrès, le réduisant à une simple chambre d’écho des directives de Donald Trump.

« Peu importe ce que nous faisons à la Chambre », a déclaré le président républicain Mike Johnson lors d’une conférence de presse. Cette déclaration, bien que potentiellement perçue comme un signe de franchise, révèle une réalité inquiétante : un pouvoir législatif autrefois influent est désormais cantonné à un rôle de messagerie, tel un simple porte-parole des orientations promues par le camp Trump et relayées par des médias comme Fox News.

Interrogé sur la longue absence de la Chambre depuis cinq semaines, Johnson a attribué la situation aux démocrates du Sénat, les accusant de rejeter les résolutions de financement du gouvernement. Ces résolutions, selon lui, omettent des crédits d’impôt de l’Affordable Care Act (ACA), dont la suppression ferait grimper les primes d’assurance de plus de 100 % pour de nombreuses familles. Cependant, la direction républicaine au Sénat pourrait passer outre cette obstruction et faire adopter la résolution budgétaire. Par ailleurs, l’incapacité chronique du Congrès à approuver les budgets annuels dans les temps a mené à cette succession de résolutions de dépenses de dernière minute. En somme, l’aveu de Johnson souligne que l’affaiblissement de sa Chambre est le résultat direct de décisions stratégiques de ses dirigeants.

Cette dynamique s’est accentuée sous la présidence de Donald Trump. Avec une majorité très mince de six voix à la Chambre – marge renforcée par le décès de trois législateurs démocrates –, Johnson a semble-t-il cédé toutes les initiatives législatives à la Maison Blanche. Il a facilité l’adoption de priorités trumpistes, notamment un programme massif de dépenses et de réductions d’impôts qui a entériné des réductions de l’ACA et de Medicaid, aujourd’hui au cœur du blocage gouvernemental. La raison principale pour laquelle Johnson n’a pas convoqué la Chambre, selon l’article, serait sa réticence à faire prêter serment à Adelita Grijeva, la démocrate élue pour succéder à son défunt père Raul Grijeva. Grijeva représente le 218e vote décisif qui pourrait forcer le ministère de la Justice à divulguer des documents liés à Jeffrey Epstein. L’article dénonce une paralysie sans précédent de la Chambre, motivée par la volonté de dissimuler des éléments compromettants concernant un agresseur sexuel.

Cette omerta autour des documents Epstein a poussé certains républicains, comme Thomas Massie, à s’exprimer, ce dernier accusant Johnson de propager de la désinformation. Massie est désormais ciblé par un opposant soutenu par Trump, en guise de sanction pour avoir rompu les rangs.

Au-delà de l’affaire Epstein, le comportement de Johnson est marqué par une apparente méconnaissance des sujets d’actualité majeurs. Après avoir esquivé une question sur l’usage de gaz poivre par des agents de l’ICE lors de manifestations, déclarant n’avoir « rien vu ni entendu », il a réitéré cette posture de déni face à de nombreuses questions concernant des affaires impliquant l’administration Trump, allant du dossier qatari aux actions en justice intentées par Trump. L’article compare cette attitude à une application littérale de la théorie du « voile d’ignorance » de John Rawls, servant d’alibi pour ne pas assumer ses fonctions. Son style de leadership est contrasté avec celui de figures historiques comme John Boehner ou Tip O’Neill, le comparant plutôt à un jouet « tête branlante » dans une voiture.

Si Johnson était un simple bouffon, son mandat resterait anecdotique, à l’instar de celui de son prédécesseur Kevin McCarthy. Cependant, là où la complaisance de McCarthy envers Trump semblait dictée par le calcul politique, celle de Johnson traduirait une conviction idéologique profonde. Il fut l’un des artisans de la tentative de contestation des résultats de l’élection de 2020 et arbore un drapeau « Appel au Ciel », symbole nationaliste chrétien présent lors de l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021. Interrogé à ce sujet, il s’était défendu en arguant de son admiration pour l’histoire américaine.

Selon l’analyse, la fusion de la gouvernance avec une théologie de la vengeance culturelle, telle que pratiquée par Johnson et Trump, constitue une trahison de la Révolution américaine et de la Constitution. L’article conclut sur une critique acerbe des explications de Johnson, notamment sa justification de son manque d’information par le fait d’être « très occupé ».

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