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La mer des Philippines occidentales ne peut pas être définie par une courte liste de coordonnées, selon une agence cartographique

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Publié le 18 février 2026 à 16h48. L’Autorité nationale de cartographie et d’information sur les ressources des Philippines (NAMRIA) a réaffirmé la validité de la désignation de la mer des Philippines occidentales sur ses cartes officielles, en réponse à des contestations récentes sur l’existence même de cette zone maritime.

  • La NAMRIA confirme que la mer des Philippines occidentales figure sur toutes ses cartes officielles depuis 2012, conformément à une ordonnance présidentielle.
  • L’agence explique que la délimitation de cette zone ne repose pas sur une simple liste de coordonnées, mais sur des données géospatiales précises issues des lignes de base archipélagiques du pays.
  • Ces clarifications interviennent dans un contexte de tensions croissantes avec la Chine concernant les revendications territoriales en mer de Chine méridionale.

Manille a fermement réfuté les allégations selon lesquelles la mer des Philippines occidentales manquerait de coordonnées géographiques et ne serait pas représentée sur les cartes philippines. Dans un communiqué publié ce mercredi, la NAMRIA a souligné que cette zone maritime est identifiée de manière constante sur toutes ses cartes administratives, topographiques, thématiques et marines depuis 2012. Cette désignation s’inscrit dans le cadre de l’ordonnance administrative n° 29, promulguée par l’ancien président Benigno Aquino III.

« Depuis 2012, les Philippines utilisent officiellement le nom de mer des Philippines occidentales dans toutes leurs publications gouvernementales », a précisé la NAMRIA. « Conformément à cette politique, l’agence inclut systématiquement cette désignation sur ses cartes et diagrammes officiels. »

La NAMRIA a également répondu aux critiques concernant l’absence d’une liste simple de coordonnées pour définir la mer des Philippines occidentales. L’agence a expliqué que, selon le droit international, la zone économique exclusive (ZEE) d’un pays s’étend sur 200 milles marins (environ 370 kilomètres) à partir de ses lignes de base archipélagiques, créant une frontière courbe et continue, et non un polygone aux angles fixes. La mer des Philippines occidentales correspond à la portion de la mer de Chine méridionale qui chevauche la ZEE des Philippines.

« Pour cette raison, une courte liste de coordonnées ne permettrait pas de décrire précisément la limite maritime », a affirmé la NAMRIA. La délimitation est en réalité codée dans des données géospatiales précises, dérivées des lignes de base définies par la loi de la République 9522, adoptée en 2009 et qui a formellement établi les lignes de base archipélagiques du pays. Ces données sont utilisées par les systèmes de navigation et les logiciels de cartographie pour calculer correctement la limite maritime.

Les cartes marines produites par la NAMRIA respectent les normes hydrographiques internationales et sont utilisées par les navires philippins et étrangers. Elles sont également soumises à l’Organisation hydrographique internationale, ce qui intègre les données maritimes philippines dans les dossiers maritimes mondiaux.

Cette clarification intervient en réponse directe aux affirmations du sénateur Rodante Marcoleta, qui avait remis en question l’existence même de la mer des Philippines occidentales à plusieurs reprises au cours du mois de février. Le 3 février, lors d’un débat au Sénat, il avait déclaré : « J’aimerais croire qu’il n’y a pas eu de calcul ou de coordonnées spécifiques de la mer des Philippines occidentales. » Le lendemain, il avait suggéré que les Philippines pourraient reconsidérer leurs revendications sur le groupe d’îles de Kalayaan, arguant que certaines caractéristiques de la zone se situent au-delà de la ZEE du pays.

En février 2025, M. Marcoleta avait déjà affirmé qu’il n’y avait pas de mer des Philippines occidentales, la qualifiant de « création de notre part ».

Antonio Carpio, un juge à la retraite de la Cour suprême, a déjà réfuté les arguments de M. Marcoleta concernant les coordonnées, soulignant que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) n’exige pas qu’un État côtier annonce les coordonnées des limites extérieures de sa ZEE pour que ces limites soient juridiquement valides. La ZEE découle automatiquement des lignes de base établies par un État, comme l’ont confirmé les Philippines avec la loi de la République 9522.

Cette clarification se produit dans un contexte de tensions accrues entre Manille et Pékin depuis la fin de 2025, suite à la nomination d’un nouvel ambassadeur chinois à Manille. Sous la direction de l’ambassadeur Jing Quan, l’ambassade a adopté un ton plus agressif, publiant des déclarations publiques dénonçant nommément les responsables philippins pour leurs prises de position concernant la mer des Philippines occidentales, notamment le porte-parole des gardes côtiers philippins (PCG), Jay Tarriela, et plusieurs sénateurs.

Les tensions ont atteint leur paroxysme en janvier après que M. Tarriela ait présenté une image satirique du président chinois Xi Jinping lors d’un forum universitaire. L’ambassade a alors déposé des protestations simultanées auprès de la présidence, du ministère des Affaires étrangères et des gardes côtiers philippins. Le Sénat a réagi en adoptant une résolution condamnant le comportement de l’ambassade comme incompatible avec les normes diplomatiques fondamentales. M. Marcoleta a également pris position, suggérant que les Philippines devraient envisager de partager la mer des Philippines occidentales avec la Chine.

La loi de la République 12064, ou loi sur les zones maritimes des Philippines, adoptée en novembre 2024, définit officiellement la mer des Philippines occidentales comme les zones maritimes du pays situées du côté ouest de l’archipel, englobant sa mer territoriale, sa ZEE et ses caractéristiques maritimes, notamment Bajo de Masinloc et le groupe d’îles de Kalayaan.

— avec les reportages de Jean Mangaluz

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