Publié le 12 février 2024 17h08:00. Des tragédies maritimes récurrentes aux Philippines sont pointées du doigt, avec des accusations de négligence envers les agences gouvernementales chargées de la sécurité maritime. Des sénateurs exigent des sanctions sévères et une application stricte de la loi pour éviter de nouveaux désastres.
- Le naufrage du 26 janvier dernier a fait 52 morts et 316 survivants, avec un nombre indéterminé de disparus.
- La sénatrice Loren Legarda accuse les agences gouvernementales de ne pas appliquer rigoureusement la législation en matière de sécurité maritime.
- Le sénateur Raffy Tulfo dénonce un bilan de sécurité alarmant pour la compagnie maritime impliquée, tout en soulignant que ses navires ont continué à opérer.
La sénatrice Loren Legarda a vivement critiqué les agences gouvernementales philippines, les accusant de négligence persistante en matière de sécurité maritime. Lors d’une enquête sur le naufrage du navire Trisha Kerstin, elle a affirmé que les tragédies maritimes ne sont pas uniquement imputables aux conditions météorologiques défavorables.
« Je suis au Parlement depuis 1998, et ce n’est pas la première fois que nous sommes confrontés à ce type de situation. C’est une habitude de négligence de la part des agences gouvernementales », a déclaré la sénatrice Legarda. Elle a spécifiquement pointé du doigt le ministère des Transports, la Garde côtière philippine (PCG) et l’Autorité de l’industrie maritime (Marina), estimant que leur négligence était « claire ».
Selon elle, les problèmes récurrents concernent notamment le surchargement des passagers et des marchandises, les décisions de naviguer malgré des conditions météorologiques incertaines, et le manque de vérification de la navigabilité des navires. « Si la PCG et la Marina faisaient correctement leur travail, ces problèmes seraient facilement évitables », a-t-elle insisté.
La sénatrice Legarda a appelé à une application stricte de la loi pour prévenir de futures catastrophes maritimes. Le naufrage du 26 janvier a causé la mort de 52 personnes, tandis que 316 autres ont été secourues. Le nombre de personnes portées disparues reste encore indéterminé.
Le sénateur Raffy Tulfo, président de la commission sénatoriale des services publics, a également exprimé son indignation. Il a révélé que la compagnie maritime impliquée dans le naufrage avait accumulé 32 incidents depuis 2019.
« Ces navires sont devenus des cercueils flottants. Les autorités auraient dû procéder à des inspections approfondies et s’assurer que les équipages étaient correctement formés avant de les autoriser à reprendre la mer »,
Raffy Tulfo, sénateur et président de la commission sénatoriale des services publics
Le sénateur Tulfo a également plaidé pour des sanctions sévères, allant au-delà de simples suspensions. « Quelqu’un doit être tenu responsable. La suspension ne suffit pas. Quelqu’un doit aller en prison », a-t-il déclaré avec fermeté.