Publié le 7 février 2026 à 22h24. Des accusations de blocage de la diffusion de renseignements sensibles à la Maison Blanche secouent Washington, impliquant l’ancienne candidate à la présidence Tulsi Gabbard et suscitant des interrogations sur l’indépendance des organes de contrôle.
- L’Agence nationale de sécurité (NSA) a intercepté une conversation téléphonique inhabituelle impliquant des agents de renseignement étrangers et un proche de l’ancien président Donald Trump.
- Tulsi Gabbard, alors directrice du renseignement national (DNI), aurait empêché la NSA de diffuser ce rapport, le transmettant directement au chef de cabinet de la Maison Blanche.
- Un lanceur d’alerte a déposé une plainte officielle, estimant que Gabbard a entravé le processus normal de partage des informations et soulevé des questions sur l’intégrité du bureau de l’inspecteur général.
Une controverse éclate aux États-Unis concernant la gestion d’informations classifiées par Tulsi Gabbard, alors directrice du renseignement national (DNI). Selon des informations révélées par le Guardian, la NSA a intercepté au printemps dernier une communication téléphonique inhabituelle entre deux personnes liées aux services de renseignement étrangers, évoquant un proche de Donald Trump. L’agence a jugé cette conversation suffisamment préoccupante pour la signaler, mais la suite des événements a soulevé des questions quant à la transparence et à l’indépendance des procédures.
Au lieu de permettre à la NSA de diffuser l’information aux autorités compétentes, Tulsi Gabbard aurait personnellement remis une copie papier du rapport à Susie Wiles, alors chef de cabinet de la Maison Blanche, selon Andrew Bakaj, l’avocat du lanceur d’alerte. Le lendemain de cette rencontre, Gabbard aurait demandé à la NSA de ne pas publier le rapport et de lui transmettre directement les détails classifiés, une demande qui a interpellé les services de renseignement.
Un lanceur d’alerte a contacté le bureau de l’inspecteur général le 17 avril, alertant sur les actions de Gabbard. Une plainte formelle a été déposée le 21 mai. L’affaire a pris de l’ampleur lorsque le Wall Street Journal a révélé l’existence de cette plainte, ce qui a conduit le bureau du DNI à publier une déclaration sur son compte X le 5 février, affirmant que toutes les actions de Gabbard étaient conformes à la loi.
L’affaire est d’autant plus délicate que le contenu de la plainte du lanceur d’alerte reste largement confidentiel. Bakaj a précisé que le bureau de Gabbard avait expurgé une partie importante du document avant de le communiquer aux membres des commissions du renseignement, invoquant le privilège exécutif. Il a également souligné que la NSA ne surveille pas les individus sans motif légitime. Initialement, il avait évoqué une conversation entre des agents étrangers et une personne proche de Trump, avant de clarifier qu’il s’agissait d’une discussion impliquant des agents étrangers et un proche de l’administration Trump.
Les réactions à cette affaire sont contrastées. Le sénateur républicain Tom Cotton a défendu Gabbard sur X dans une déclaration, affirmant qu’elle avait pris les mesures nécessaires pour garantir un traitement approprié des informations. À l’inverse, le sénateur démocrate Mark Warner a exprimé son inquiétude quant au retard dans la transmission de la plainte au Congrès, soulignant que la loi prévoit un délai de 21 jours pour une telle communication. Il a suggéré que ce retard pourrait être une tentative de dissimuler les faits.
L’indépendance du bureau de l’inspecteur général est également remise en question, suite à la nomination de Dennis Kirk, un ancien collaborateur de l’administration Trump, à un poste clé au sein de cet organisme en mai. Stephen F. Lynch, le principal démocrate de la commission de surveillance de la Chambre, a écrit à l’inspecteur général par intérim, Tamara A. Johnson, pour exprimer ses préoccupations à ce sujet.
Les membres du « Gang des Huit », un groupe de responsables du Sénat et de la Chambre informés des informations classifiées de l’exécutif, ont reçu une version expurgée du rapport mardi soir. Ils ne se sont pas prononcés sur la légalité des actions de Gabbard ni sur la crédibilité de la plainte du lanceur d’alerte. Les législateurs ont également contacté la NSA pour obtenir les renseignements sous-jacents que le lanceur d’alerte affirme avoir été bloqués par Gabbard.
L’affaire reste en suspens, et les questions sur la gestion des informations classifiées et l’indépendance des organes de contrôle continuent de susciter des débats à Washington.
Note de la rédaction : cet article a été mis à jour pour clarifier que la conversation téléphonique a eu lieu entre deux personnes liées aux services de renseignement étrangers discutant d’un proche de Donald Trump, et non entre quelqu’un et un proche de Donald Trump. La version précédente était basée sur des informations initiales fournies par une source qui a ensuite précisé les détails de l’appel.