Le personnel du Centre Hospitalier Intercommunal des Vallées de l’Ariège (CHIVA) a entamé ce mardi 24 février 2026 une grève illimitée, dénonçant des conditions de travail dégradées, des effectifs insuffisants et la précarité croissante des contrats.
Dès 8 heures, les agents se sont rassemblés devant l’entrée de l’établissement, déterminés à faire entendre leurs revendications. La décision de grève a été prise à l’issue d’assemblées générales, selon Virginie Fachon, secrétaire générale du syndicat CGT au CHIVA.
Plusieurs employés ont témoigné des difficultés rencontrées. Pierre, agent de service hospitalier, a évoqué un malaise profond, lié à un « encadrement et un management délétères ». Il a également fait état d’une enquête administrative interne, où une quinzaine d’agents ont dénoncé des cas de discrimination, de harcèlement et de racisme, des accusations qui, selon lui, ont été minimisées par la direction.
La question des effectifs est au cœur des préoccupations. Sandrine a souligné que les agents ne demandent pas un renforcement du personnel, mais le respect des équivalents temps plein (ETP) prévus pour chaque service. « Nous ne demandons pas davantage, seulement que ce qui est prévu soit appliqué afin de prendre correctement en charge les résidents et les usagers », a-t-elle insisté.
Charlotte, infirmière, a illustré la situation en précisant que, la nuit, une seule infirmière doit s’occuper de 31 patients. Elle a également dénoncé un climat de pression et la crainte de sanctions disciplinaires.
La précarité des contractuels est également un sujet majeur. Élisa, contractuelle depuis trois ans, a expliqué vivre dans une instabilité permanente, ne sachant pas si son contrat sera renouvelé deux mois avant son expiration. Carole, aide-soignante dont le contrat n’a pas été renouvelé, a quant à elle dénoncé un manque de motif officiel et un non-respect du préavis légal.
Dans les Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD), la situation est également tendue. Chantal a évoqué une surcharge de travail et des résidents nécessitant une prise en charge de plus en plus difficile, tout en dénonçant la suppression de 18 postes. Elle a également fait part de rappels incessants sur les jours de repos.
Des problèmes matériels ont également été signalés sur le site de Lavelanet, avec une chaudière défectueuse entraînant l’absence de chauffage et d’eau chaude. La Direction Régionale de la Santé (DRS) avait été avertie, mais l’intervention a été jugée tardive.
Aucune réponse officielle n’a été communiquée à ce stade, en raison de l’absence du directeur. Une prise de parole de la direction est attendue dans les prochains jours.