Publié le 2025-10-23 07:21:00. Le Laos est confronté à un taux alarmant de retard de croissance chez les enfants, le plus élevé d’Asie du Sud-Est. Une solution innovante venue du Japon, l’amazake, pourrait offrir une alternative abordable pour améliorer la nutrition des plus jeunes.
- Le Laos affiche le taux de retard de croissance le plus élevé en Asie du Sud-Est, affectant environ un tiers des enfants.
- Le régime alimentaire des enfants laotiens est déséquilibré, dominé par le riz et pauvre en protéines, légumes et fruits.
- L’amazake, boisson japonaise à base de riz fermenté, est proposée comme solution nutritive et économique.
- Produite localement, l’amazake pourrait coûter moins d’un dollar par jour par enfant, offrant une intervention nutritionnelle évolutive.
- Les experts estiment que l’intégration de l’amazake dans l’alimentation quotidienne pourrait significativement réduire le retard de croissance.
Le retard de croissance, défini par l’UNICEF comme « l’incapacité de grandir physiquement et cognitivement, résultant d’une malnutrition chronique ou récurrente », touche de manière préoccupante les enfants laotiens de cinq ans et moins. En 2023, le taux de prévalence s’élevait à 32,8 %, plaçant le Laos loin devant les autres pays de la région, le Myanmar arrivant en seconde position avec 26,7 %.
Lors du salon Fi Asia 2025 à Bangkok, le Dr Sayvisene Boulom, président du Sous-comité de l’ASEAN pour la science et la technologie alimentaires (SCFST), a souligné la gravité de la situation :
« Le Laos a un taux de malnutrition très élevé, ce qui a entraîné un retard de croissance pour beaucoup de nos enfants, avec de nombreux effets à long terme sur leur vie personnelle et professionnelle. »
Dr Sayvisene Boulom, président du Sous-comité de l’ASEAN pour la science et la technologie alimentaires (SCFST)
Ce phénomène est particulièrement répandu dans les zones rurales et montagneuses, où les études se concentrent pour trouver des moyens d’améliorer l’alimentation et le mode de vie des enfants. Les recherches menées par le Dr Boulom révèlent que si le riz constitue la base de l’alimentation quotidienne, les sources de protéines telles que la viande et les œufs sont consommées en quantité insuffisante. De plus, la diversité alimentaire fait défaut, avec une faible consommation de légumineuses, de légumes et de fruits, tandis que les aliments transformés, les sucreries et les boissons sucrées sont largement présents.
« Cela est dû au fait que ces aliments malsains sont disponibles en très grande quantité et à bas prix, et que les parents ici n’ont généralement aucune connaissance en matière de nutrition ou de ce qu’est une alimentation appropriée. »
Dr Sayvisene Boulom
Face à ces constats, l’idée d’enrichir le riz, aliment de base des enfants laotiens, avec des nutriments essentiels prend de l’ampleur. Cependant, les tentatives antérieures de fortification à l’échelle nationale ont échoué en raison de coûts prohibitifs. C’est dans ce contexte que les chercheurs se tournent vers l’amazake, une boisson traditionnelle japonaise issue de la fermentation du riz. Riche en vitamine B, en oligosaccharides, en acide kojique, en acides aminés et en fibres, l’amazake est envisagée comme une solution prometteuse.
De l’archipel nippon au cœur de l’Asie du Sud-Est
Le Dr Boulom est convaincu du potentiel de l’amazake pour améliorer la nutrition des enfants laotiens. Sa consommation régulière, soit en boisson, soit intégrée dans la préparation du riz, pourrait apporter les nutriments nécessaires.
« Plus important encore, l’amazake est une option abordable : lorsqu’il est fabriqué et produit au Laos, il coûterait moins d’un dollar par jour pour leur fournir les nutriments dont ils ont besoin. »
Dr Sayvisene Boulom
La disponibilité du riz au Laos constitue un atout majeur pour la production locale d’amazake, évitant ainsi le recours à des aliments enrichis coûteux importés de l’étranger.