Publié le 2 octobre 2025 à 15h10. Une nouvelle étude américaine suggère qu’une alimentation riche en graisses peut perturber les fonctions cognitives, notamment la mémoire, chez les souris. Les chercheurs ont observé des effets notables même après une courte période de régime lipidique.
Une alimentation riche en graisses est susceptible d’altérer certaines fonctions cérébrales, comme l’ont démontré des pharmacologues et des neuroscientifiques de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (États-Unis). Dans le cadre d’expériences menées sur des souris, les scientifiques ont observé que les régimes hypercaloriques et lipidiques entravaient le traitement de la mémoire, c’est-à-dire la capacité du cerveau à enregistrer et à retrouver des informations.
Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue spécialisée « Neuron », indiquent qu’un régime hyperlipidique réduit l’apport en glucose dans une zone clé du cerveau, l’hippocampe. En réponse à ce manque de carburant, certaines cellules nerveuses deviennent hyperactives, potentiellement pour optimiser l’utilisation du glucose disponible. Cette suractivité neuronale entraînerait des troubles de la mémoire chez les rongeurs, observés dans certains cas dès quatre jours d’exposition à ce type de régime.
Ce constat est d’autant plus surprenant que les altérations cérébrales sont apparues avant le développement de maladies métaboliques plus classiques telles que l’obésité ou le diabète. « Nous avons été particulièrement surpris de la rapidité avec laquelle ces cellules ont modifié leur activité en réponse à une moindre disponibilité du glucose », a précisé l’un des auteurs de l’étude.
Il est toutefois à noter que les dommages induits par ce régime ne semblent pas irréversibles. Dès que l’apport en glucose est revenu à la normale, l’activité des cellules nerveuses s’est normalisée et les troubles de la mémoire ont disparu. Si les souris sont souvent utilisées comme modèles en raison de similitudes métaboliques et neurologiques avec l’être humain, les effets observés devront encore être confirmés chez l’homme.
Anna Luna Fruciger est stagiaire et suit une formation de journaliste au MAZ. Elle a étudié l’histoire économique à Zurich.