Home Santé La nutritionniste de Federica Brignone : « Mais quel régime ? Après la blessure, nous l’avons remise sur pied grâce à la bio-ingénierie culinaire. Et la glace »

La nutritionniste de Federica Brignone : « Mais quel régime ? Après la blessure, nous l’avons remise sur pied grâce à la bio-ingénierie culinaire. Et la glace »

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Publié le 7 février 2026 08:18:00. Après une grave fracture du tibia et du péroné, la skieuse italienne Federica Brignone a bénéficié d’un accompagnement nutritionnel personnalisé, transformant son alimentation en un véritable outil de récupération sous la direction de Pietro Blumetti, biologiste nutritionnel de la FISI.

  • L’alimentation de Federica Brignone a été conçue comme une « bio-ingénierie culinaire », chaque aliment étant choisi pour ses propriétés biochimiques spécifiques.
  • La stratégie nutritionnelle a évolué en fonction des phases de récupération, en commençant par la réduction de l’inflammation et en passant à la reconstruction osseuse.
  • L’importance du microbiote intestinal et l’équilibre nutritionnel global ont été des éléments clés du processus de guérison.

Pietro Blumetti, biologiste nutritionnel de la FISI (Fédération Italienne des Sports d’Hiver), a mis en place un protocole nutritionnel rigoureux pour accompagner Federica Brignone dans sa convalescence suite à sa fracture survenue en avril 2025. Loin d’être un simple régime, cette approche visait à optimiser la récupération de la championne valdôtaine en utilisant l’alimentation comme une véritable thérapie.

« Cette configuration pour Federica Brignone après sa dernière blessure, il ne s’agit pas d’un régime, mais d’une thérapie dans l’assiette. Appelons-la bio-ingénierie culinaire. Chaque bouchée est un message biochimique adressé au corps », explique Pietro Blumetti.

Dans les premières semaines suivant la blessure, l’objectif principal était de réduire l’inflammation. L’alimentation s’est alors concentrée sur des aliments naturellement anti-inflammatoires et riches en antioxydants. Des petits déjeuners nutritifs et fonctionnels, comme des puddings aux graines de chia au lait de coco et framboises, ou des œufs brouillés au curcuma, kiwi et amandes, ont été proposés pour stimuler la cicatrisation dès le matin.

Les déjeuners et dîners étaient également soigneusement élaborés, privilégiant le poisson bleu riche en oméga-3, les salades à la roquette, le maquereau, l’orange et le fenouil, ou encore le saumon sauvage vapeur au quinoa. Même les épices, comme le poivre noir et le curcuma, ont été utilisées de manière stratégique pour leurs propriétés anti-inflammatoires et gustatives.

Lorsque le processus de reconstruction osseuse a débuté, l’alimentation a été adaptée pour apporter les nutriments essentiels à la consolidation des os, notamment le calcium, le magnésium et le silicium. Des « Skyr Bowls » avec des graines de citrouille, des graines de tournesol et des figues fraîches, ainsi que du pain de seigle grillé avec de la ricotta fraîche et des pistaches, ont été intégrés au menu. Des burgers de lentilles faits maison, accompagnés de poivrons au four, et des pâtes complètes avec un véritable pesto de roquette et d’amandes ont également été proposés pour garantir un apport varié en micronutriments.

L’importance du microbiote intestinal a également été prise en compte. « Partant du postulat que « nous ne sommes pas seulement ce que nous mangeons, mais ce que nous assimilons », nous avons agi de manière ciblée sur la santé intestinale, plaque tournante de l’assimilation des nutriments », précise Blumetti. Des aliments fermentés riches en ferments actifs, comme le yaourt grec et le kéfir, ont été intégrés au menu pour favoriser l’équilibre intestinal.

L’apport en fibres, notamment des prébiotiques provenant de l’avoine, des légumineuses et des grains entiers, ainsi que des nutriments spécifiques comme la glutamine, a également été privilégié pour soutenir l’intégrité de la barrière intestinale et améliorer l’assimilation des nutriments.

Au fur et à mesure que Federica Brignone reprenait l’entraînement, le menu a été enrichi pour l’aider à faire face à la fatigue, avec l’ajout de glucides complexes « de performance » tels que les patates douces au four, les pâtes complètes au ragoût de poulet et les smoothies énergétiques à la banane et au beurre de cacahuète.

Même les plaisirs simples ont été pris en compte. « Federica aime la glace. Alors, au lieu de l’éliminer, nous l’avons soigneusement inséré dans le parcours alimentaire », explique Blumetti. « Ce n’est pas une exception, mais cela fait partie d’une gestion alimentaire durable. Ce choix a eu un double effet : d’une part, il a contribué à maintenir une bonne relation avec la nourriture, en évitant une rigidité excessive ; d’autre part, il a garanti un revenu énergétique utile dans les périodes de dépenses plus importantes. »

Pour compléter cette approche nutritionnelle, un complément ciblé et essentiel a été intégré, géré avec précision pour couvrir les besoins accrus en vitamines et nutriments spécifiques des tissus. Cependant, l’alimentation saine et cuisinée avec soin est restée le véritable pilier de la récupération.

« Je ne veux pas faire d’histoires », conclut Pietro Blumetti. « Je peux cependant dire qu’elle a reconstruit son corps cellule par cellule, démontrant que pour gagner sur la piste, il faut d’abord s’asseoir à table, avec goût et conscience. »

7 février 2026 (modifié le 7 février 2026 | 08:51)

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