Publié le 3 novembre 2025. Des chercheurs brésiliens et internationaux ont identifié un nouveau coronavirus chez des chauves-souris au Brésil, dont certaines caractéristiques génétiques rappellent celles du SARS-CoV-2 responsable de la pandémie de Covid-19.
- Un nouveau coronavirus, baptisé BRZ batCoV, a été découvert dans des échantillons de chauves-souris au Brésil.
- Ce nouveau virus partage des similarités avec le SARS-CoV-2, notamment au niveau de la protéine Spike et d’une séquence d’acides aminés cruciale pour l’infection cellulaire.
- Malgré ces similitudes, aucune preuve n’existe à ce jour quant à une potentielle transmission à l’homme ou à un risque immédiat pour la santé publique.
L’alerte sanitaire a été déclenchée par la découverte d’un nouveau coronavirus chez des chauves-souris au Brésil. Les analyses révèlent une similitude génétique avec le SARS-CoV-2, le virus à l’origine de la pandémie de Covid-19, suscitant des interrogations sur l’émergence potentielle de nouveaux variants.
Plus précisément, c’est la protéine Spike, essentielle pour l’invasion des cellules humaines par le virus, qui présente des ressemblances notables. Les chercheurs ont également identifié la présence d’un site de clivage de la furine au sein de ce nouveau coronavirus. Cette séquence d’acides aminés est reconnue par une enzyme humaine, la furine, capable d’activer la protéine Spike. Cette caractéristique est considérée comme un facteur clé dans la forte transmissibilité du Covid-19, et sa présence dans ce nouveau virus découvert chez les chauves-souris, le BRZ batCoV, attire particulièrement l’attention.
Cette découverte, détaillée dans une étude préliminaire publiée le 27 novembre 2025 sur la plateforme scientifique bioRxiv, a été menée par une équipe internationale comprenant des chercheurs brésiliens et japonais. Les échantillons provenaient de chauves-souris capturées dans des zones rurales et forestières des États du Maranhão et de São Paulo. Le génome viral BRZ batCoV a été isolé à partir d’un spécimen de l’espèce Pteronollus parnellii, collecté à Riachão, dans le Maranhão.
Les scientifiques soulignent que la présence du site de clivage de la furine n’est pas unique au SARS-CoV-2. Ce mécanisme a déjà été observé dans d’autres virus hautement pathogènes, tels que la grippe aviaire ou Ebola, suggérant que cette adaptation évolutive peut se produire naturellement dans diverses familles virales. Cependant, ils insistent sur l’absence, à ce stade, de toute preuve concrète d’une capacité du nouveau coronavirus à infecter les êtres humains ou à représenter une menace imminente de transmission interhumaine.
Face à cette découverte, les chercheurs mettent en avant l’importance cruciale de renforcer la surveillance génétique des virus en Amérique du Sud. Cette région, jusqu’alors moins étudiée que l’Asie en matière de diversité virale, pourrait receler d’autres virus émergents potentiels. L’étude rappelle que les chauves-souris sont des réservoirs reconnus pour une grande variété de virus susceptibles de passer à l’homme (zoonoses), d’où la nécessité d’une vigilance accrue et d’une surveillance continue des populations animales sauvages.