Home International La part des réserves du dollar est restée stable au deuxième trimestre lorsqu’elle est ajustée pour les mouvements FX

La part des réserves du dollar est restée stable au deuxième trimestre lorsqu’elle est ajustée pour les mouvements FX

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Publié le 2025-10-01 22:13:00. L’analyse des données sur les réserves mondiales de change révèle une subtilité souvent ignorée : l’impact des variations des taux de change sur la composition des portefeuilles des banques centrales. Ces fluctuations, sans intervention directe des autorités monétaires, redessinent la part des devises détenues, notamment celle du dollar américain.

  • Les mouvements des taux de change, et non les transactions des banques centrales, expliquent la majeure partie de la baisse apparente de la part du dollar américain dans les réserves mondiales au deuxième trimestre 2025.
  • L’euro, deuxième monnaie de réserve, voit sa part artificiellement gonflée par les effets de valorisation, masquant une possible légère baisse de sa position si les taux de change étaient stables.
  • Une évaluation correcte des données de réserve, ajustée des variations de change, offre une image plus fidèle de la gestion des portefeuilles par les banques centrales et de son impact sur le système financier international.

Les chiffres officiels concernant la composition des réserves mondiales de devises, compilés par le Fonds Monétaire International (FMI) via sa base de données COFER (Currency Composition of Official Foreign Exchange Reserves), suivent la répartition des avoirs des banques centrales dans différentes monnaies. Ces données, collectées auprès de 149 économies sur la base de rapports volontaires et confidentiels, permettent de connaître la proportion de dollars américains, d’euros, de yens, de renminbis chinois, de livres sterling, et d’autres devises détenues par les autorités monétaires.

Cependant, un élément méthodologique est souvent sous-estimé : toutes ces données sont rapportées en dollars américains. Ainsi, même les avoirs libellés en euros ou en yens sont convertis en dollars avant d’être agrégés. Par conséquent, les variations des taux de change peuvent altérer les pourcentages déclarés, même en l’absence de toute transaction d’achat ou de vente de devises par les banques centrales. L’impact des mouvements des taux d’intérêt, bien que présent, est généralement moindre.

En 2025, les variations des taux de change ont été particulièrement marquantes. L’indice DXY, qui mesure la performance du dollar face à un panier de devises majeures (euro, yen, livre sterling, dollar canadien, couronne suédoise et franc suisse), a connu sa plus forte baisse depuis 1973 au cours du premier semestre, chutant de plus de 10 %. Le dollar s’est déprécié de 7,9 % face à l’euro au deuxième trimestre, et de 10,6 % sur les six premiers mois. Face au franc suisse, la baisse a atteint 9,6 % au deuxième trimestre et plus de 11 % sur le semestre, sa pire performance semestrielle contre le franc en plus d’une décennie.

Cette dynamique signifie que, indépendamment de toute décision des banques centrales de modifier leurs portefeuilles, la valeur des actifs libellés dans d’autres devises, exprimée en dollars, a augmenté. Il en résulte une baisse mécanique de la part du dollar dans les réserves déclarées.

À première vue, les données brutes montrent une diminution de la part du dollar dans les réserves à 56,32 % fin juin 2025, contre 57,79 % fin mars 2025, soit une baisse de 1,47 point de pourcentage. Pourtant, si les taux de change avaient été maintenus constants, la part du dollar n’aurait reculé que marginalement, pour atteindre 57,67 %.

Comme le souligne le bulletin « Chart of the Week » du FMI, les mouvements des devises sont responsables de 92 % de la réduction de la part du dollar au cours du deuxième trimestre. Des effets de valorisation similaires peuvent être observés pour d’autres devises, notamment l’euro, la deuxième monnaie de réserve mondiale.

Graphique illustrant la composition des réserves de change mondiales

La part des avoirs libellés en euros semble avoir progressé à 21,13 % au deuxième trimestre, contre 20,00 % au trimestre précédent, soit une hausse de 1,13 point de pourcentage. Cependant, les effets de valorisation expliquent à eux seuls 1,17 point de pourcentage de cette augmentation, dépassant le mouvement apparent. Si les taux de change étaient restés stables, la part de l’euro aurait en réalité diminué de 0,04 point de pourcentage pour s’établir à 19,96 %. Dans ce cas, la valorisation masque la véritable évolution sous-jacente de la part de l’euro. Un phénomène similaire se produit pour la livre sterling : les effets de valorisation tendent à masquer le fait que la part de la livre aurait diminué si les taux de change étaient restés constants.

Dans un environnement international en constante évolution, une évaluation précise des données sur les réserves de change est plus essentielle que jamais. Les chiffres du COFER, ajustés des variations de taux de change, offrent une perspective plus nuancée sur la manière dont les banques centrales gèrent leurs portefeuilles et sur les implications pour le système financier mondial. Les dernières données de réserves, une fois corrigées des variations de change, suggèrent que la part du dollar dans les avoirs de réserve des banques centrales n’a pas diminué autant que ne le laissent entendre les chiffres bruts.

Pour plus de détails sur les données relatives aux réserves, consultez la page COFER du FMI. Pour approfondir le rôle international du dollar, vous pouvez consulter les articles suivants : « La dominance du dollar dans le système de réserve international : une mise à jour », « La dominance du dollar et la montée des devises de réserve non traditionnelles » et « La part du dollar américain dans les réserves mondiales de change atteint un plus bas de 25 ans ».

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