Publié le 2025-10-26 12:30:00. Un ancien demandeur d’asile, reconnu coupable de délits sexuels, a été interpellé dimanche à Londres après avoir été libéré par erreur d’une prison britannique vendredi. L’individu avait été condamné à douze mois de prison et devait être expulsé du pays.
- Hadush Gerberslasie Kebatu a été arrêté à Finsbury Park, dans le nord de Londres.
- Il avait été libéré vendredi par erreur de la prison HMP Chelmsford dans l’Essex.
- Une enquête est en cours sur les circonstances de cette libération erronée.
L’homme, âgé de 41 ans, avait été condamné en septembre à une peine de 12 mois d’emprisonnement pour des agressions sexuelles sur une femme et une jeune fille de 14 ans. Il faisait également l’objet d’une ordonnance de prévention de la violence sexuelle pour une durée de cinq ans. Son jugement prévoyait son expulsion du territoire britannique, le conduisant vers un centre de rétention.
Selon la police métropolitaine, le citoyen éthiopien a été localisé vers 8h30 dimanche. Le commandant James Conway, qui a dirigé les opérations de recherche, a souligné la rapidité et l’efficacité de l’intervention des officiers spécialisés, soutenus par la police d’Essex et la police des transports britanniques. Il a également remercié le public pour les informations qui ont permis de retrouver M. Kebatu.
« Il s’agit d’une enquête diligente et rapide menée par des officiers spécialisés de la police métropolitaine, soutenus par la police d’Essex et la police britannique des transports. Des informations provenant du public ont conduit les agents à Finsbury Park et, après une perquisition, ils ont localisé M. Kebatu. Il a été arrêté par la police mais sera remis sous la garde du service pénitentiaire. Je suis extrêmement reconnaissant envers le public pour son soutien suite à notre appel, qui a aidé à localiser M. Kebatu. »
James Conway, commandant de la police métropolitaine
À sa sortie de prison vendredi, M. Kebatu portait un survêtement gris et tenait un sac en plastique contenant ses effets personnels. La police a indiqué qu’il avait effectué plusieurs trajets en train à travers Londres après sa libération. Le commandant Conway avait alerté samedi que M. Kebatu était susceptible d’avoir accès à des fonds et qu’il avait sollicité l’aide de passants et du personnel des gares, notamment à Chelmsford et à Londres.
Un chauffeur-livreur, s’identifiant uniquement comme Sim, a témoigné auprès de Sky News avoir vu M. Kebatu revenir à la prison HMP Chelmsford « quatre ou cinq fois » dans un état « très confus », avant d’être refoulé par le personnel pénitentiaire et orienté vers la gare. Selon ce témoin, M. Kebatu savait qu’il devait être expulsé mais semblait désorienté quant à la procédure à suivre.
« Il n’arrêtait pas de se gratter la tête et de dire : « Où dois-je aller, où dois-je aller ? » La quatrième ou la cinquième fois [qu’il est entré à l’accueil] il commençait à s’énerver, il devenait stressé. Je ne défends pas ce gars, mais à mes yeux, il essayait de faire la bonne chose. Il savait qu’il allait être expulsé, mais il ne savait pas où il allait ni comment y parvenir. »
Sim, chauffeur-livreur
La police d’Essex a confirmé que M. Kebatu avait été vu montant dans un train à la gare de Chelmsford vendredi à 12h41. Il a ensuite été repéré descendant d’un train à Stratford, dans l’est de Londres, vers 13h10 le même jour. La responsabilité de l’enquête a été transférée à la police métropolitaine samedi matin.
Des sources au sein du service pénitentiaire ont attribué cette libération erronée à une « erreur humaine ». Le gardien de prison ayant autorisé la libération aurait été écarté de ses fonctions le temps qu’une enquête approfondie soit menée. D’après le Telegraph, M. Kebatu aurait été classé à tort comme un détenu libérable sous licence et aurait reçu une allocation de libération de 76 livres sterling (environ 87 euros).
Une source pénitentiaire a qualifié l’incident de « désastre imminent », évoquant la forte rotation du personnel, parfois peu expérimenté, et le grand nombre de détenus libérés simultanément.
Aaron Stowe, président du Syndicat des travailleurs de la justice pénale (CJWU), a dénoncé cette libération comme un « profond manquement à son devoir », soulignant qu’elle représentait une « trahison envers les victimes, la communauté et les principes de justice ».
« La libération de Hadush Kebatu est une trahison envers les victimes, la communauté et les principes de justice. Nous exigeons une enquête approfondie et des réformes immédiates pour garantir que cela ne se reproduise plus jamais. »
Aaron Stowe, président du CJWU
Mike Rolfe, secrétaire général du CJWU, a quant à lui déploré une mise à mal du système judiciaire et une érosion de la confiance du public.
Le père de la victime adolescente a exprimé à Sky News son sentiment d’avoir été abandonné par le système judiciaire.
Les infractions commises par M. Kebatu sont survenues peu après son arrivée au Royaume-Uni. Il avait été reconnu coupable le mois dernier d’avoir agressé sexuellement une femme et tenté de l’embrasser, ainsi que d’avoir tenté à deux reprises d’embrasser une jeune fille de 14 ans avant de l’agresser sexuellement. Son cas avait suscité des manifestations devant l’hôtel où il résidait temporairement, des événements exploités par des militants d’extrême droite, entraînant des agressions contre des policiers et 32 arrestations.
Lors de son procès, le juge Christopher Williams avait souligné le « risque important de récidive » de M. Kebatu, le qualifiant de « manipulateur » et d’agissant de manière « ignorante et répugnante » envers l’une de ses victimes. Condamné à 12 mois de prison, il n’avait purgé que 31 jours avant sa libération erronée.