Home Divertissement La première superstar du cinéma tamoul, Thyagaraja Bhagavathar, a dîné sur des assiettes en or ; le film a duré des années ; a été emprisonné pour avoir tué un journaliste

La première superstar du cinéma tamoul, Thyagaraja Bhagavathar, a dîné sur des assiettes en or ; le film a duré des années ; a été emprisonné pour avoir tué un journaliste

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Publié le 2025-11-08 08:37:00. À l’approche de la sortie du film Kaantha, qui met en vedette Dulquer Salmaan, le nom de M.K. Thyagaraja Bhagavathar, pionnier du cinéma tamoul, refait surface. Cet acteur-chanteur, surnommé la « première superstar du cinéma tamoul », a marqué l’industrie par ses succès retentissants, mais aussi par une chute retentissante.

Alors que le cinéma tamoul a vu défiler de nombreuses légendes telles que M.G. Ramachandran, Sivaji Ganesan, Gemini Ganesan, Rajinikanth et Kamal Haasan, le record de durée de projection d’un film en salle, établi par M.K. Thyagaraja Bhagavathar avec Haridas en 1944 (114 semaines au cinéma Broadway de Madras, aujourd’hui Chennai), a tenu près de six décennies. Ce jalon impressionnant souligne l’impact de cet artiste dont la carrière, bien que courte, fut à la fois brillante et sulfureuse.

Une carrière fulgurante et un talent précoce

Né en 1910 à Trichy dans une famille d’orfèvres dans le besoin, Mayavaram Krishnamurthy Thyagaraja Bhagavathar, connu sous ses initiales MKT, a révélé très tôt des talents exceptionnels pour le chant. Sa maîtrise de la musique carnatique lui a valu le titre de « Bhagavatar » de la part de ses mentors. Son entrée dans le monde du cinéma fut une évidence lorsque sa pièce à succès Pavalakkodi fut adaptée sur grand écran en 1934. Avec ce film, qui contenait 50 chansons, MKT et sa partenaire de scène, S.D. Subbulakshmi, firent leurs débuts cinématographiques, marquant le début d’une carrière météorique.

De Chintamani (1937) à Sivakavi (1943), en passant par Ambikapathi (1937), Thiruneelakantar (1940) et Ashok Kumar (1941), MKT a enchaîné les succès, transformant chaque projet en succès commercial. Sa popularité était telle qu’il est souvent considéré comme la « première superstar du cinéma tamoul ».

L’affaire Lakshmikanthan : une chute dramatique

Au sommet de sa gloire, MKT se retrouve impliqué dans une affaire judiciaire retentissante qui mettra un terme brutal à sa carrière. Le cœur de l’affaire réside dans les activités d’un journaliste sulfureux, C.N. Lakshmikanthan, qui avait pour habitude de publier des articles sensationnalistes et des ragots dans ses publications Cinema Thoothu et Nindu hindou. Ces articles ciblaient souvent la vie privée des personnalités publiques, y compris les stars de cinéma.

Après une première attaque le 19 octobre 1944, Lakshmikanthan est victime d’une seconde agression le 8 novembre de la même année. Gravement blessé, il succombe à ses blessures le lendemain. La police arrête alors deux hommes, Nagalingam et Vadivelu, que Lakshmikanthan avait dénoncés avant de mourir.

Implication et condamnation de MKT

L’enquête révèle rapidement que MKT, ainsi que le comédien N.S. Krishnan et le producteur S.M. Sriramulu Naidu, auraient commandité le meurtre. Un certain Jayanandan, frère de l’actrice Madhuri et ancien collaborateur de Lakshmikanthan, affirme avoir été approché par MKT et Krishnan, qui lui auraient promis la somme de 2 500 roupies pour commettre le meurtre. Le 27 décembre 1944, MKT est publiquement arrêté, deux mois seulement après la sortie de son film Haridas, qui avait battu tous les records.

Malgré leur libération sous caution initiale, MKT et N.S. Krishnan sont finalement condamnés à la prison à vie le 3 mai 1945 par la Haute Cour de Madras. Le tribunal s’appuie sur des preuves telles que des articles diffamatoires, le couteau ayant servi à l’agression, le rapport d’autopsie et un livre de comptes prouvant des versements d’argent aux co-accusés.

Libération et fin de carrière

Après avoir purgé 30 mois de prison, MKT et N.S. Krishnan sont finalement libérés en 1947 suite à une révision de leur cas, durant laquelle les témoignages à charge sont discrédités. À sa sortie, MKT signe une douzaine de films, mais aucun ne parvient à retrouver le succès de ses œuvres antérieures. Des films comme Raja Mukthi (1948) ou Sivagami (1960) ne rencontrent pas l’accueil espéré.

Malgré ces revers financiers, MKT reste une figure emblématique. On raconte qu’il fut le premier professionnel du cinéma tamoul à posséder une Mercedes-Benz et qu’il utilisait deux assiettes en or pesant chacune 110 pavan (environ 990 grammes d’or). Il décède le 1er novembre 1959, des suites d’hypertension et de diabète, laissant derrière lui un héritage cinématographique marquant et une histoire qui continue de fasciner.

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