Siderno, en Calabre, se retrouve au cœur d’une enquête révélant les ramifications internationales de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise. Une opération coordonnée par la Direction District Antimafia (DDA) de Reggio de Calabre a mis en lumière un réseau criminel solidement ancré dans le territoire et étendant son influence jusqu’au Canada et aux États-Unis.
L’enquête, initiée en mars 2023, s’est concentrée sur la famille Commisso, identifiée comme une structure clé de la ‘Ndrangheta locale. Antonio Commisso, né en 1980, est désigné comme le chef de l’organisation à Siderno, soupçonné de diriger et de planifier les activités du groupe, y compris ses connexions à l’étranger.
Au centre des investigations se trouve également Frank Albanese, né en 1967, un Américain d’origine calabraise considéré comme un intermédiaire essentiel entre la ‘Ndrangheta de Siderno et ses filiales nord-américaines, notamment à Toronto et Albany, dans l’État de New York. Il est accusé de faciliter les communications, de gérer les relations avec les membres et de fournir un soutien financier, notamment via un fonds commun destiné à aider les personnes incarcérées.
Les enquêteurs ont reconstitué un schéma criminel impliquant des pressions exercées sur des entrepreneurs locaux, notamment dans le secteur de l’hôtellerie. Un entrepreneur aurait été contraint de confier des travaux à une entreprise liée à l’un des suspects. L’opération a également mis en évidence des actes de vandalisme commis en 2022, interprétés comme une tentative de réaffirmer le pouvoir du groupe.
Outre Antonio Commisso et Frank Albanese, cinq autres personnes sont visées par des mesures conservatoires : Giuseppe Archinà (né en 1962), Francesco Baggetta (né en 1960), Salvatore Barranca (né en 1968), Davide Gattuso (né en 1975) et Francesco Antonio Sgambelluri (né en 1980). Ils sont accusés d’association de type mafieux, d’extorsion aggravée et de dégradations aggravées par la méthode mafieuse.
Cette affaire s’inscrit dans un long historique de conflits judiciaires impliquant la famille Commisso, notamment sa rivalité avec le groupe Costa. Les opérations précédentes, telles que « Groupe Siderno » et « Crimine », ont confirmé l’unité de la ‘Ndrangheta et sa capacité à reproduire son modèle organisationnel calabrais à l’étranger. Selon l’accusation, les branches étrangères opèrent avec une certaine autonomie, mais restent liées à la structure mère calabraise, dans un équilibre entre indépendance opérationnelle et hiérarchie.
L’enquête révèle une capacité de contrôle étendue de la bande Commisso sur le tissu économique et social de Siderno, allant de l’embauche dans les commerces aux travaux publics et privés, en passant par la gestion des conflits familiaux et le soutien aux prisonniers. Le fonds commun, appelé « bassin », est décrit comme un instrument de cohésion interne et de renforcement des liens associatifs.