Publié le 15 février 2026 à 07h58. Le parti Morena au pouvoir au Mexique prévoit une réforme en profondeur du système national de lutte contre la corruption, incluant la dissolution de plusieurs organismes clés et une réorganisation des salaires des fonctionnaires.
- Morena entend réformer les salaires des institutions autonomes du Système national de lutte contre la corruption (SNA).
- La proposition inclut la suppression de l’Institut National de la Transparence, de l’Accès à l’Information et de la Protection des Données Personnelles (Inai) et du Comité de participation citoyenne (CPC).
- Le député Alfonso Ramírez Cuéllar dénonce l’infiltration de la corruption à tous les niveaux du gouvernement.
Dans une démarche visant à renforcer la lutte contre la corruption, le parti Morena ambitionne de remodeler en profondeur le Système national de lutte contre la corruption (SNA) au Mexique. Cette réforme, annoncée par le député Alfonso Ramírez Cuéllar, prévoit une révision complète de la masse salariale des institutions autonomes composant le SNA, en commençant par les parquets spécialisés et les audits d’État. L’objectif affiché est de repenser les profils des agents impliqués et d’éliminer la possibilité de renouvellement de mandat pour les auditeurs et les responsables des organismes de contrôle interne.
Selon le député Ramírez Cuéllar, le diagnostic est sans appel : dans certains cas, les procureurs et les auditeurs agissent comme de simples employés du ministère des Finances, voire du gouvernement fédéral.
« Le résultat de ce phénomène a été l’infiltration de racket à tous les niveaux de gouvernement. »
Alfonso Ramírez Cuéllar, député
Cette situation, selon lui, a favorisé l’infiltration de la corruption à tous les échelons de l’administration publique.
La réforme envisagée par Morena ne se limite pas à une simple réorganisation salariale. Elle prévoit également la disparition de l’Institut National de la Transparence, de l’Accès à l’Information et de la Protection des Données Personnelles (Inai), une institution mise en place lors du sexennat précédent, ainsi que du Comité de participation citoyenne (CPC), qui ne compterait plus qu’un seul membre désigné par le Sénat de la République. Bien que Morena insiste sur la nécessité d’une plus grande participation citoyenne dans la lutte contre la corruption, sa proposition semble limiter le rôle des citoyens à celui de plaignants et d’électeurs lors des procédures de révocation de mandat.
Par ailleurs, la réforme anti-corruption de Morena vise à éradiquer complètement l’impunité, à reconstruire le système anti-corruption en renforçant les organes de surveillance et en dotant les autorités de nouveaux outils de sanction, et à réformer la loi organique du Congrès pour garantir des processus de contrôle et de sélection plus rigoureux pour le commissaire aux comptes principal. Il est également prévu de renforcer la protection des dénonciations des citoyens et d’unifier les systèmes de révocation de mandat.
Concernant le système d’inspection, le député Ramírez Cuéllar a proposé de réduire les délais de présentation des rapports de l’Audit Supérieur de la Fédération (ASF) afin de se rapprocher des délais en temps réel promis il y a dix ans avec la mise en place du SNA. Il propose notamment la présentation d’un seul rapport individuel en août, au lieu de deux rapports en juin et octobre, et la remise du rapport général de l’exécutif le 20 janvier au lieu du 20 février de l’année suivant la présentation du compte public.
Enfin, la proposition vise à interdire les liens familiaux entre les responsables du contrôle et l’administration publique, ainsi qu’entre les employés de l’administration publique et les représentants du pouvoir politique (PPA) et les fonctionnaires. De plus, il est proposé que les décisions au sein de l’Audit Supérieur soient prises de manière collégiale et que les avantages individuels du commissaire aux comptes soient supprimés.