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La résistance des peuples indigènes du Mexique arrive en Espagne | Municipalités de Puebla

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Publié le 2 novembre 2025 à 13:28:00. Une exposition majeure à Madrid célèbre les femmes indigènes mexicaines, marquant une avancée significative pour la diplomatie culturelle du président Andrés Manuel López Obrador et de son successeur Claudia Sheinbaum. L’événement, baptisé « La moitié du monde. Les femmes indigènes du Mexique », vise à mettre en lumière leur histoire, leur résistance et leur rôle crucial dans la préservation des cultures ancestrales.

  • L’exposition, inaugurée simultanément dans quatre lieux emblématiques de Madrid, met en avant la grandeur et la vitalité des peuples indigènes du Mexique, en particulier le rôle central des femmes dans la transmission des traditions.
  • Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a reconnu les souffrances et injustices infligées aux peuples indigènes lors de la période de la « conquête », ouvrant la voie à une possible demande de pardon de la part de l’Espagne.
  • L’initiative s’inscrit dans une démarche diplomatique culturelle visant à renforcer les liens entre le Mexique et l’Espagne, en promouvant une meilleure compréhension mutuelle et en reconnaissant l’histoire partagée, y compris ses aspects douloureux.

L’idée de cette exposition ambitieuse, fruit de la diplomatie culturelle promue par le gouvernement mexicain, trouve ses origines dans la pensée de Claudia Sheinbaum. Selon des témoignages, le projet a commencé à germer dès janvier 2025, lors de la réouverture du deuxième étage du Musée National d’Anthropologie de Mexico. Cet espace, rénové sous le signe de l’humanisme mexicain, met l’accent sur la reconnaissance des peuples indigènes vivants et leur intégration dans les politiques publiques, dépassant ainsi une vision folklorique et passée.

L’exposition « La moitié du monde. Les femmes indigènes du Mexique » a été officiellement lancée avec le soutien de collaborateurs de premier plan dans les domaines de la culture et de l’histoire mexicains. Parmi eux figuraient Diego Prieto, ancien directeur de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire ; Claudia Curiel de Icaza, Secrétaire à la Culture ; Marina Nuñez Bespalova, sous-secrétaire ; Quirino Ordaz, ambassadeur du Mexique en Espagne ; Lázaro Cárdenas, chef du bureau présidentiel ; et José Alfonso Suárez del Real, conseiller présidentiel. Côté espagnol, l’ambassadeur en poste au Mexique, Juan Duarte, a été un acteur clé dans la concrétisation de ce projet diplomatique.

L’inauguration à Madrid a été marquée par des déclarations significatives. José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, a affirmé lors de l’événement au Musée Archéologique National que « l’Espagne n’oubliera jamais et ne cessera jamais d’être reconnaissante pour l’accueil du peuple mexicain et du gouvernement de Lázaro Cárdenas aux exilés espagnols […] ». Il a également reconnu qu’il y a eu « de la douleur, de la souffrance et de l’injustice envers les peuples indigènes » et qu’il est « juste de la reconnaître aujourd’hui et il est juste de la regretter, car cela fait aussi partie de notre histoire commune et nous ne pouvons ni la nier ni l’oublier ».

La presse espagnole a souligné la portée de cet événement. Le quotidien El País, dans son édition madrilène, a titré : « L’Espagne et le Mexique entament le dégel après six ans de crise ». L’exposition est vue comme un catalyseur permettant une prise de conscience en Espagne sur la richesse des peuples indigènes du Mexique et sur la nécessité de reconnaître les erreurs du passé.

Au-delà de la reconnaissance des injustices, l’exposition rappelle que la civilisation n’est pas exclusivement européenne. Elle met en avant la pérennité et la grandeur des civilisations précolombiennes, ainsi que des valeurs fondamentales telles que la famille, la communauté et le solidarisme, illustrés par des pratiques comme le tequio, travail communautaire bénévole. L’idée est de souligner que les Européens ont tenté d’anéantir ces civilisations, mais ont échoué, notamment grâce à la résilience des femmes indigènes qui ont préservé les coutumes et les valeurs.

Le chemin vers une reconnaissance plus profonde et une éventuelle demande de pardon de la part de l’Espagne semble être engagé. La déclaration du ministre Albares, bien que son obtention exacte dans le cadre diplomatique ne soit pas précisée, marque une étape importante. Le processus pourrait cependant susciter un débat au sein de la société espagnole, la droite ayant déjà manifesté son scepticisme, qualifiant auparavant la demande de pardon de « caprice ».

Le discours de Claudia Sheinbaum pour l’ouverture de l’exposition, rédigé par elle-même sur son ordinateur portable, puise ses racines dans ses expériences personnelles. Les voyages effectués avec sa famille dans le Mexique indigène durant son enfance ont façonné sa vision, lui rappelant la résistance constante des femmes autochtones. Ce message, transmis avec cœur et nourri par les échanges avec ses conseillers culturels, vise à renforcer le dialogue et la compréhension mutuelle entre les deux nations.

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