Publié le 2025-11-02 12:20:00. Les marchés du crédit américains voient émerger un nombre croissant d’entreprises dites « zombies ». Confrontées à des coûts de financement en hausse et à des tarifs douaniers persistants, ces sociétés peinent à couvrir leurs charges d’intérêt, atteignant un sommet depuis début 2022.
- Environ 100 entreprises ont été classées comme « zombies » en octobre, incapables de rembourser leurs intérêts.
- Cette situation s’explique par les emprunts massifs à taux zéro durant la pandémie, suivis par une remontée des coûts de financement.
- Les secteurs de la santé, de la biotechnologie et ceux soumis à des droits de douane sont particulièrement touchés.
La période pandémique avait incité de nombreuses entreprises à s’endetter massivement, profitant de taux d’intérêt historiquement bas. Aujourd’hui, elles se retrouvent dans une position précaire, alors que les conditions de financement se sont durcies, aggravées par la persistance de tarifs douaniers élevés, inscrits dans la durée par de nouveaux accords commerciaux américains.
Les espoirs de voir la Réserve fédérale (Fed) baisser ses taux d’intérêt lors de sa réunion de décembre s’amenuisent, ajoutant à la pression sur ces entreprises. « Ces sociétés, qui éprouvaient déjà des difficultés à survivre en période de taux zéro, font désormais face à des coûts d’emprunt plusieurs fois supérieurs aux moyennes historiques », souligne Liz Ann Sonders, stratège en chef des investissements chez Charles Schwab.
Les secteurs de la santé et de la biotechnologie figurent parmi les plus touchés, subissant une augmentation de leurs coûts et une diminution du soutien fédéral. D’autres entreprises évoluant dans des secteurs soumis à des droits de douane ont également vu leur situation se dégrader. Parmi les exemples notables, on peut citer Lionsgate Studios, producteur de franchises à succès, et la société chimique Tronox Holdings. Les obligations émises par cette dernière ont vu leur valeur chuter de 9 cents par dollar depuis leur introduction sur le marché.
Il est important de noter qu’une entreprise dite « zombie » n’est pas nécessairement en situation de faillite imminente. Selon les experts, des mesures telles que des réductions de coûts drastiques, la cession d’actifs ou l’émission de nouvelles actions peuvent potentiellement lui redonner une seconde vie.
Qu’est-ce qu’une entreprise zombie ?
Une entreprise est qualifiée de « zombie » lorsqu’elle ne parvient pas à couvrir les paiements d’intérêts de sa dette avec les revenus générés par ses activités, tout en continuant d’opérer sans déclarer faillite. Ces sociétés ont souvent contracté des dettes excessives durant les périodes de faibles taux d’intérêt, se retrouvant incapables d’assurer le service de leur dette lorsque les conditions économiques changent. Bien qu’elles puissent sembler survivre grâce à des restructurations de dettes, des aides gouvernementales ou de nouveaux emprunts, leur structure financière n’est pas durable.
La prolifération de ces entreprises dans l’économie a pour conséquence de mobiliser des ressources au détriment d’entreprises plus saines et potentiellement plus innovantes, freinant ainsi la croissance générale. Elle accroît également le risque de faillites en cascade au sein du système financier. Néanmoins, ces entreprises ne sont pas dans une impasse totale, et des mesures stratégiques peuvent leur permettre de se redresser.