Moscou réfute catégoriquement l’idée d’une alliance avec Washington pour faire pression sur Pékin concernant la dénucléarisation. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que la Russie ne formerait jamais de coalitions visant d’autres nations, réaffirmant ainsi la posture indépendante de Moscou sur la scène internationale.
Interrogé sur une éventuelle collaboration russo-américaine dans le cadre des négociations sur la dénucléarisation, M. Lavrov a été on ne peut plus clair. « La Russie ne s’alliera avec personne contre personne, et encore moins contre la Chine. C’est impensable », a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé au quotidien Kommersant ce mercredi. Cette déclaration intervient dans un contexte où les États-Unis, par le passé, ont maintes fois souhaité l’intégration de la Chine dans les pourparlers sur la réduction des armes nucléaires.
Il y a quelques mois, le président russe Vladimir Poutine avait proposé à son homologue américain Donald Trump de reconduire d’un an le traité New START, principal accord de contrôle des armements entre les deux puissances, dont l’échéance est fixée au 5 février 2026. Bien que M. Trump ait qualifié cette proposition de « bonne idée », aucune concrétisation n’a encore émané de la Maison Blanche.
Le ministre Lavrov a rappelé la nature des relations entre Moscou et Pékin, soulignant la signature de plusieurs traités bilatéraux. « Ces accords définissent clairement notre relation, visant à nous soutenir mutuellement et à nous entraider pour renforcer nos économies, nos capacités de défense et nos positions sur la scène internationale », a-t-il précisé.
Abordant la position chinoise concernant les négociations sur la dénucléarisation, M. Lavrov a indiqué que les Américains exerçaient une pression depuis des années pour inclure Pékin dans ces discussions. « La Chine a sa propre position. Nous la respectons. Elle affirme qu’elle n’est pas prête, qu’elle n’est pas au bon stade de développement de son potentiel stratégique et qu’elle est encore loin de la parité », a-t-il expliqué, réitérant le respect de Moscou pour cette démarche.
Selon les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la Russie détient le plus grand arsenal nucléaire au monde avec 5 459 ogives, suivie par les États-Unis et leurs 5 177 têtes. La Chine, quant à elle, dispose d’environ 600 ogives nucléaires, mais SIPRI note que son stock augmente plus rapidement que celui des autres nations.
Il est à noter que Pékin avait accueilli favorablement, le mois dernier, la proposition de M. Poutine de prolonger le traité New START. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, avait alors déclaré : « Disposant du plus grand arsenal nucléaire au monde, les États-Unis et la Russie devraient sérieusement assumer leur responsabilité particulière et principale en matière de désarmement nucléaire. »