Publié le 2024-07-29. Une nouvelle étude publiée dans la revue JAMA Network Open met en lumière un risque accru de développer un COVID long chez les personnes ayant déjà souffert de troubles mentaux graves. Ces découvertes soulignent la nécessité d’une approche intégrée des soins de santé mentale et de la gestion du COVID-19.
- Les personnes atteintes de maladies mentales graves (SMI), incluant la schizophrénie, présentent un risque significativement plus élevé de développer un COVID long.
- Cette recherche a analysé les données de santé électronique de plus d’un million de patients infectés par le COVID-19.
- Les auteurs appellent à une intégration des stratégies de santé mentale et de soins liés au COVID-19.
Les conclusions, issues d’une étude de cohorte longitudinale menée sur les dossiers de santé électroniques, indiquent que le lien entre les troubles mentaux graves et le COVID long est une préoccupation majeure. La définition fluctuante du COVID long, rendant son estimation de prévalence difficile (certaines études la situant jusqu’à 30 %), complique la compréhension globale de ce phénomène. Les maladies mentales graves, qui affectent environ 5 % de la population adulte aux États-Unis, englobent des affections telles que le trouble dépressif majeur récurrent, le trouble bipolaire et la schizophrénie.
Plusieurs facteurs expliquent le risque accru d’infection au COVID-19 et de mortalité observé chez les adultes souffrant de SMI. Ceux-ci incluent notamment un accès limité aux soins médicaux généraux, des difficultés d’observance des traitements, et la présence de comorbidités préexistantes comme le diabète et les maladies cardiovasculaires. De surcroît, le contexte pandémique a potentiellement aggravé la situation des personnes atteintes de SMI par des facteurs de stress tels que l’isolement social, l’anxiété accrue et les perturbations des routines quotidiennes.
Les chercheurs Veer Vekaria, BS, du centre médical Weill Cornell à New York, et ses collègues ont analysé les données de 1 625 857 adultes diagnostiqués positifs au COVID-19 entre mars 2020 et avril 2023. Parmi eux, 15,9 % (soit 258 523 patients) avaient un antécédent de SMI. L’étude révèle que 24,8 % de l’ensemble des patients infectés ont développé un COVID long, tandis que ce chiffre s’élevait à 27,7 % pour les personnes ayant un historique de SMI. Ce risque accru a été observé de manière cohérente pour le trouble dépressif majeur actuel, le trouble bipolaire et la schizophrénie.
Les auteurs suggèrent que ces vulnérabilités « transdiagnostiques » aux effets à long terme du COVID-19 chez les adultes souffrant de troubles mentaux graves pourraient être liées à des facteurs tels que le stress chronique et la dérégulation immunitaire associés aux SMI. Ils soulignent que la diversité des symptômes du COVID long, affectant de multiples systèmes corporels avec diverses pathologies sous-jacentes, plaide en faveur d’un dépistage proactif, d’une surveillance continue, de parcours de soins intégrés et de programmes abordant les déterminants socio-économiques de la santé au sein des systèmes de soins.
Pour en savoir plus sur les découvertes récentes, consultez l’article original : Nouvelles découvertes.