Publié le 15 février 2026 20h30. Des recherches récentes suggèrent que la saison de la conception pourrait influencer le risque d’obésité chez l’enfant, en activant potentiellement le métabolisme de la graisse brune.
- L’exposition à des températures plus basses au moment de la conception pourrait favoriser le développement de la graisse brune, un tissu métaboliquement actif.
- Ce phénomène pourrait être lié à des changements épigénétiques qui modifient l’expression des gènes liés au métabolisme.
- L’obésité reste un défi majeur de santé publique, associé à de nombreuses pathologies graves.
L’obésité est désormais reconnue comme l’un des principaux enjeux de santé publique à l’échelle mondiale. Au-delà des facteurs génétiques et des habitudes de vie, de nouvelles études mettent en lumière l’influence potentielle de l’environnement prénatal sur le risque de développer cette maladie à l’âge adulte.
Les scientifiques ont observé que la période de l’année et, plus précisément, l’exposition à des températures basses durant les premiers instants de la vie pourraient modifier durablement le métabolisme. L’activation du tissu adipeux brun, communément appelé « graisse brune », semble jouer un rôle protecteur en stimulant un métabolisme plus efficace et en limitant l’accumulation de graisse corporelle.
La graisse brune, contrairement à la graisse blanche qui stocke l’énergie, consomme des calories pour générer de la chaleur, un processus essentiel pour maintenir la température corporelle, notamment dans les environnements froids. Les personnes disposant de quantités plus importantes de graisse brune présentent un risque réduit d’obésité, car leur corps brûle davantage de calories pour produire de la chaleur.
Une étude publiée par Yoneshiro et al. révèle que les individus conçus pendant les mois d’hiver ont tendance à développer une plus grande quantité de graisse brune que ceux conçus pendant les périodes plus chaudes. Les auteurs suggèrent que l’exposition au froid avant la naissance pourrait « programmer » le métabolisme fœtal pour optimiser l’utilisation des calories et maintenir la température corporelle tout au long de la vie.
Ce phénomène s’explique par la programmation métabolique, un processus par lequel l’environnement prénatal induit des changements épigénétiques modifiant l’expression des gènes sans altérer leur séquence. Ces modifications peuvent influencer le développement métabolique et le risque de développer des pathologies telles que l’obésité.
L’épigénétique, discipline étudiant ces processus, montre que des facteurs environnementaux, l’alimentation et le stress peuvent altérer de manière durable l’expression génétique. Les changements épigénétiques survenant autour de la conception pourraient expliquer pourquoi ceux qui sont conçus pendant les saisons froides bénéficient d’une certaine protection métabolique.
D’autres recherches indiquent que le mois de naissance peut également influencer d’autres aspects du développement. Une étude a notamment montré que les personnes nées en été ont tendance à être plus grandes et à peser plus lourd que celles nées en hiver. De plus, les femmes nées en automne entament leur puberté plus tôt que celles nées en été, et celles nées pendant les mois d’été sont plus susceptibles de poursuivre des études supérieures et d’obtenir un diplôme universitaire.
Ces résultats soulignent l’importance de prendre en compte l’environnement et les facteurs prénataux pour comprendre et prévenir l’obésité et d’autres problèmes de santé publique. L’exploration d’interventions dès la période précédant la grossesse pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies préventives innovantes.
Des recherches antérieures ont démontré que l’exposition au froid avant la grossesse modifie les informations épigénétiques chez les parents et active les gènes liés à la production de chaleur et à la fonction de la graisse brune chez la descendance.