Publié le 24 octobre 2025, 10h30. Après le coup de frein de LaLiga sur son projet de match à Miami, le réseau de supporters Football Supporters Europe (FSE) presse la Serie A d’abandonner, à son tour, ses plans d’organiser une rencontre à l’étranger, une initiative qui suscite une vive opposition.
La ligue espagnole a officiellement renoncé cette semaine à son projet de délocaliser la rencontre entre Villarreal et le FC Barcelone à Miami en décembre. Cette décision fait suite à un tollé parmi les supporters et les joueurs, qui ont fermement exprimé leur désaccord.
La Serie A, quant à elle, est toujours soupçonnée de vouloir organiser un match opposant l’AC Milan à Côme en Australie, en février. Aucune déclaration officielle n’a été faite par la ligue italienne contactée par l’agence de presse PA.
FSE s’est réjoui de l’abandon du match de Miami, déclarant que la Serie A devait désormais suivre cette voie. « Le bon sens et les règles du jeu ont prévalu », a affirmé l’organisation dans un communiqué. « C’est une victoire sismique pour le football européen et pour tous ceux qui croient que le jeu appartient au cœur de nos communautés. Il est maintenant temps pour la Serie A d’abandonner également ses projets. »
« La défaite de LaLiga envoie un message clair au monde du football : de tels projets mal conçus sont voués à l’échec. Ces tentatives visant à déstabiliser les fondements du jeu doivent cesser maintenant. »
Football Supporters Europe
L’association de supporters exhorte la Serie A à « faire ce qu’il faut » face à une « isolation croissante » et à retirer sa proposition de délocaliser la rencontre AC Milan-Côme 1907 en Australie. FSE souligne que la position des joueurs et des supporters en Italie est sans équivoque et qu’un tel acte serait préjudiciable à la réputation de la ligue, au football italien et au jeu dans son ensemble.
FSE a également sollicité la FIFA et la Confédération asiatique de football (AFC) pour qu’elles rejettent la proposition d’organiser le match à Perth, en Australie occidentale. Les ligues espagnole et italienne avaient justifié leurs initiatives par la nécessité d’accroître leur attrait mondial et de concurrencer la domination financière de la Premier League anglaise.
Javier Tebas, président de LaLiga, avait qualifié l’abandon du match de Miami d' »occasion manquée d’avancer », critiquant implicitement les instances dirigeantes du football qui, selon lui, « détruisent année après année les ligues nationales ». L’UEFA et la FIFA avaient initialement approuvé ces projets, tout en émettant des réserves. Le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, avait mis en garde contre le risque de « briser » le football en l’éloignant de ses racines, tandis que le président de la FIFA, Gianni Infantino, parlait d’un « gros risque ».
L’association espagnole FASFE avait ironisé sur la position de Javier Tebas, le comparant à un « conducteur qui, prenant la mauvaise direction sur l’autoroute, croit que c’est tout le monde qui fait la mauvaise chose ».
L’opposition des joueurs s’est manifestée concrètement en Espagne ce week-end, par un arrêt de jeu symbolique durant les premières secondes des matchs de LaLiga. Des joueurs comme Dani Carvajal et Thibaut Courtois avaient déjà publiquement critiqué le projet.
« Face au manque de transparence, de dialogue et de cohérence au sein de l’institution présidée par Javier Tebas, les joueurs se sont prononcés à l’unanimité sur le terrain la semaine dernière pour envoyer un message fort : sans joueurs, il n’y a pas de football. »
Syndicat des joueurs espagnols (AFE)