Publié le 16 février 2024 à 20h30. Robert Duvall, figure emblématique du cinéma américain et oscarisé pour son rôle dans Tender Mercies, s’est éteint à l’âge de 95 ans, laissant derrière lui une carrière riche et diversifiée.
- L’acteur, connu pour ses interprétations mémorables dans des films tels que Le Parrain et Apocalypse Now, est décédé paisiblement à son domicile, entouré de sa famille.
- Sa femme, Luciana Duvall, a annoncé la nouvelle sur sa page Facebook, soulignant la passion de l’acteur pour son métier et son amour profond pour les personnages qu’il incarnait.
- Duvall a laissé une empreinte indélébile sur le septième art, avec près de 100 films à son actif et une capacité à incarner aussi bien des figures d’autorité que des âmes brisées.
Robert Duvall, né d’un amiral de la marine et d’une actrice amateur, a grandi à Annapolis, dans le Maryland. Après des études et un service militaire, il s’est installé à New York où il a croisé la route de futurs grands noms du cinéma comme Dustin Hoffman et Gene Hackman, partageant avec eux les difficultés d’une vie d’étudiants en théâtre.
Ses débuts au cinéma, bien que discrets, ont rapidement révélé son talent. Son interprétation de Boo Radley dans To Kill a Mockingbird (1962) a marqué les esprits, un rôle obtenu grâce à la recommandation du scénariste Horton Foote, qui avait apprécié son travail théâtral. Foote lui écrira plus tard le scénario de Tender Mercies (1983), un film qui lui vaudra l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle de chanteur country déchu.
Mais c’est peut-être son rôle dans Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola qui reste l’un des plus emblématiques de sa carrière. Il y incarnait le lieutenant-colonel Bill Kilgore, un personnage excentrique et obsédé par le surf, dont la réplique sur « l’odeur du napalm le matin » est devenue légendaire :
« J’adore l’odeur du napalm le matin. Ça sent la victoire. »
Lieutenant-colonel Bill Kilgore, dans Apocalypse Now
Ce rôle lui a valu l’une de ses sept nominations aux Oscars. Il avait déjà été nominé pour son rôle de Tom Hagen, le consigliere de la famille Corleone, dans Le Parrain (1972), un rôle qu’il a repris dans la suite, mais qu’il a décliné pour le troisième volet en raison d’un désaccord sur sa rémunération.
Au-delà de ces rôles marquants, Duvall a démontré une versatilité impressionnante, incarnant des personnages forts et charismatiques tels que le lieutenant-colonel Bull Meechum dans The Great Santini ou Staline, mais aussi des figures plus fragiles et tourmentées dans The Apostle ou A Civil Action. Il a été nominé aux Oscars pour chacun de ces films, ainsi que pour The Judge en 2014.
L’acteur avait également un penchant pour les westerns, remportant un Emmy Award pour la mini-série télévisée Broken Trail et partageant l’affiche avec John Wayne dans True Grit. Il a également été salué pour son interprétation de Gus McRae dans la mini-série Lonesome Dove, qu’il considérait comme son rôle préféré :
« Je pense avoir identifié un individu très spécifique qui représente quelque chose d’important dans notre histoire du mouvement occidental. Après ça, j’ai senti que je pouvais prendre ma retraite, si j’avais fait quelque chose. »
Robert Duvall, dans une interview au New York Times
Duvall ne s’est pas cantonné à l’interprétation. Il a également exercé ses talents de réalisateur, écrivant, réalisant et produisant The Apostle, un film sur un prédicateur en crise qui lui a valu une nomination aux Oscars. Il a également réalisé Assassination Tango, un hommage à sa passion pour le tango et à l’Argentine, pays où il a rencontré sa quatrième épouse, Luciana Pedraza. Ils partageaient la même date de naissance, à 41 ans d’écart.
Robert Duvall partageait son temps entre Los Angeles, l’Argentine et une ferme de 140 hectares en Virginie, où il avait aménagé une grange en salle de danse de tango. Il laisse derrière lui un héritage cinématographique exceptionnel et le souvenir d’un acteur passionné et talentueux.
Crédit : PA, Reuters