Publié le 6 février 2026. Une météorite martienne vieille de 4,44 milliards d’années, découverte au Maroc, révèle une quantité d’eau ancienne bien plus importante qu’estimée grâce à une nouvelle technique d’analyse non destructive.
- La météorite NWA 7034, surnommée « Beauté noire », contient environ 0,6 % d’eau en masse.
- Cette eau est piégée dans des fragments riches en hydrogène sous forme d’oxyhydroxyde de fer.
- La technique de « balayage neutronique » utilisée permet d’analyser la teneur en eau sans endommager l’échantillon.
Des chercheurs ont révélé que la météorite martienne NWA 7034, affectueusement surnommée « Beauté noire », renferme une quantité significative d’eau datant des premiers temps de la planète rouge. Cette découverte, publiée le 13 janvier sur le serveur de prépublication arXiv, est le fruit d’une nouvelle méthode d’analyse appelée « balayage neutronique ». Contrairement à la tomodensitométrie conventionnelle qui utilise des rayons X, cette technique permet de détecter les atomes d’hydrogène dans des matériaux denses de manière non destructive, offrant ainsi une analyse précise de la teneur en eau des météorites sans nécessiter de les fragmenter.
La météorite, pesant environ 320 grammes, a été éjectée de Mars suite à un impact et a atterri en 2011 dans la région du Sahara, au Maroc. Âgée de près de 4,44 milliards d’années, « Beauté noire » est considérée comme la plus ancienne météorite martienne jamais découverte. Les scientifiques estiment qu’elle provient du cratère Karratha, situé près de l’équateur martien.
Les dernières recherches, citées par Science en direct , indiquent que l’eau représente environ 0,6 % de la masse totale de la météorite. Cette eau est principalement stockée dans de petits fragments riches en hydrogène, sous forme d’oxyhydroxyde de fer – un composé qui se forme lorsque le fer réagit avec l’eau sous haute pression, comme lors d’un impact de météorite. Ce taux est bien supérieur aux estimations précédentes, malgré la taille modeste de l’échantillon, comparable à celle d’une coupe d’ongle.
Les scientifiques avaient déjà identifié des traces d’eau dans « Beauté noire » depuis 2013. Des analyses plus poussées avaient même suggéré que cette eau avait été chauffée, renforçant l’hypothèse selon laquelle Mars possédait autrefois un environnement chaud et aqueux, potentiellement propice à l’émergence de la vie microbienne.
Alors que la mission de retour d’échantillons sur Mars de la NASA touche à sa fin, des météorites comme « Beauté noire » représentent aujourd’hui une source directe et précieuse pour étudier l’histoire de l’eau sur la planète rouge et les conditions qui ont pu favoriser son existence passée.