Publié le 11 février 2026 09:31. Des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont réussi à restaurer la mémoire de souris âgées, et même de celles atteintes de la maladie d’Alzheimer, grâce à une thérapie génique ciblant spécifiquement les cellules impliquées dans la mémorisation.
- Une thérapie génique a permis de rajeunir les cellules mémoire de souris âgées, améliorant significativement leurs performances cognitives.
- L’étude suggère que la perte de mémoire liée à l’âge pourrait ne pas être aussi irréversible qu’on le pensait.
- Les résultats sont prometteurs, mais l’application de cette technique à l’homme reste lointaine.
La perte de mémoire et de capacités cognitives est souvent considérée comme une conséquence inéluctable du vieillissement, et particulièrement marquée dans les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Cependant, une équipe de recherche de l’EPFL remet en question cette certitude. Leur travail, publié dans la revue spécialisée Neuron, démontre qu’il est possible de restaurer, au moins chez la souris, des fonctions cognitives altérées par l’âge ou la maladie.
L’innovation réside dans l’approche ciblée de cette thérapie génique. Les chercheurs ne se sont pas contentés d’agir sur l’ensemble du cerveau, mais ont spécifiquement rajeuni les « engrammes » – ces petits groupes de neurones qui stockent les souvenirs. Lors de l’apprentissage, ces cellules s’activent et se « réactivent » lors de la mémorisation. Avec l’âge ou en cas de maladie, leur fonctionnement se dégrade, affectant la capacité d’apprentissage et de rappel.
L’équipe dirigée par le neuroscientifique Johannes Gräff a utilisé des vecteurs de thérapie génique, injectés directement dans les régions cérébrales concernées, pour activer temporairement trois facteurs de reprogrammation dans ces neurones spécifiques. Les résultats sont frappants : les souris âgées, et même celles atteintes de la maladie d’Alzheimer, ont retrouvé des performances cognitives comparables à celles de jeunes souris lors de tests standardisés évaluant leur capacité à s’orienter dans un environnement inconnu ou à se souvenir d’informations apprises.
Les chercheurs ont observé que les souris traitées réapprenaient plus efficacement de nouvelles stratégies et étaient capables de mémoriser des informations spatiales sur le long terme. Selon l’EPFL, ces résultats constituent une « preuve de faisabilité » encourageante. Cependant, les scientifiques insistent sur le fait que l’application de cette technique à l’homme est encore un défi majeur et nécessitera de nombreuses années de recherche supplémentaires.
(SERVICE – numéro d’article spécialisé DOI : 10.1016/j.neuron.2025.11.028)
(Quel: APA/sda)